Des cœurs lents

Creuse, Creuse, mais Creuse un peu

À l’encontre de noms, toujours les mêmes qui reviennent sur les listes des futurs prix littéraires de la rentrée 2017, pourquoi ne pas me suivre hors des sentiers battus dans une collection Infidèles chez Agone à la rencontre du livre de Tassadit Imache, Des Cœurs lents.

L’ambition de la Collection (« vêtir les vaincus d’étoffes victorieuses et donner à l’imagination l’injustice à ronger : une littérature qui contourne soigneusement utilitarisme partisan, tours d’ivoire dorées, traditions littérales et dogmes sacrés « .) convient à merveille à Tassadit Imache.

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Le petit garçon sur la plage

Pierre Demarty
Le Petit garçon sur la plage
Éditions Verdier

Comme un préalable, il y aurait l’impérieuse nécessité de rendre compte. Il y aurait aussi et probablement celle de dire son désarroi. Il y aurait le désir de laisser l’écriture faire ce lien tendu entre soi et le monde, entre l’histoire du monde et sa propre histoire. La littérature a toujours voulu être le lieu de cette tension difficile, de ces paris impossibles. Plus encore lorsque le monde, pris dans la spirale de violences chaque jour nouvelles, échappe au regard et à la raison. Lire la suite

La rentrée littéraire 2017

Un avant-goût de cette rentrée

Établir une sélection de romans pour la rentrée littéraire est une chose embarrassante. D’abord parce que, au moment où nous écrivons ce billet, nous sommes en août, et août ce n’est pas encore la rentrée. Ensuite parce qu’une sélection demande une méthode, des critères, des points objectifs, c’est-à-dire des choses qui grippent l’élan de la spontanéité. Lire la suite

Lettre à Armand Gatti

Lettre à Armand Gatti, au nom de la conscience.

Par Claude Faber

Tu es parti alors que certains s’entre-déchirent pour prendre le pouvoir. Dante Sauveur Gatti,  dit Armand, tu n’avais que faire des batailles électorales. Comme tu aimais à le répéter, « ce n’est pas la prise de pouvoir qui importe, c’est la prise de conscience. »

La prise de conscience de soi par les mots, par le langage. La prise de conscience de soi et des autres comme autant de particules virevoltant dans l’infini. La prise de conscience du monde par une vraie connaissance et reconnaissance des flux de son histoire. Par le rejet de tout ce qui avilit, de tout ce qui abaisse, de tout ce qui enferme l’homme dans les certitudes et les vérités étouffantes. Lire la suite

Hommage à Armand Gatti

Hommage à Armand Gatti (1924 – 2017)

par Christian Thorel

La main gauche soutenant une pile de livres d’art, composée de plusieurs volumes dans l’Univers des formes, l’homme fait un séjour de quelques minutes devant le rayon de littératures d’extrême-orient, la main-droite se saisissant des traductions du chinois. Depuis l’accueil dans l’entrée de la librairie, je l’observe de biais, il séjourne à une dizaine de mètres de moi, de l’autre côté, à l’entrée du minuscule couloir qui mène aux autres rayons de la librairie. Un pull à col roulé, noir, un pantalon de velours côtelé, noir aussi, semblent indiquer une certaine insouciance du vêtement, sans négligence toutefois.

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Carte de vœux 2017

A l’occasion de la nouvelle année, la librairie Ombres Blanches vous offre Lacunaire, une nouvelle de Michel Jullien, extraite du recueil Au bout des comédies, publié en 2011 par les éditions Verdier. Nous sommes heureux de vous offrir cette lecture, en guise de carte de vœux pour l’année 2017, avec tous les espoirs que la littérature permet.

Cliquez sur la couverture pour télécharger le livret gratuitement:

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Denise au Ventoux / Verdier

Il y a dans les pages de Denise au Ventoux quelque chose comme les accents d’une schizophrénie. Cela procèderait de l’interrogation de l’animalité, qui est au cœur des pages de ce livre, mais plus encore de la part animale que l’auteur traque dans son narrateur, une part animale qui en serait la plus sensible, la plus attentive aux êtres et à la vie. De même qu’il existerait deux champs d’observation pour Paul, le narrateur, celui d’abord des humains et de leur cirque quotidien, celui ensuite qui obsède son regard, capturé par les signes d’intelligence de Denise, la chienne dont il hérite « provisoirement » et naturellement, de même le roman, qui fait le récit de cette liaison entre homme et chien(ne), est-il divisé en deux approches du genre romanesque.

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Ben Lerner, 10 : 04, Éditions de l’Olivier

retour-vers-le-futur

Ce roman, 10:04, ne serait qu’une fiction si l’auteur, Ben Lerner, ne ressemblait pas de très prés à son personnage. Ce livre met en scène un certain Ben, vivant à Brooklyn, qui a écrit un premier roman remarqué et qui s’inquiète de l’écriture du second. Précisons tout de suite que ce roman trouve son origine dans une nouvelle que notre personnage-narrateur a publié dans le New Yorker. De l’autofiction (l’auteur absorbé par son roman) à un roman purement fictif (à priori cette nouvelle est une fiction), Ben Lerner mène un jeu serré entre écriture du réel et illusion romanesque. Le narrateur nous raconte de multiples histoires mais derrière ces aventures se cache l’interrogation, et même l’angoisse, de l’écrivain contemporain d’appréhender le réel avec un regard neuf. En effet, la progression de ce roman se détourne et se fractionne en récits successifs, réels ou fictifs en faisant référence (surtout dans les 30 premières pages) au film Retour vers le futur (10:04 est l’heure à laquelle la foudre frappe l’horloge du tribunal qui permet à Marty de rentrer en 1985). Lire la suite

Avec Serge Mestre

Avec Serge Mestre

Comment parler des livres que nous aimons, lorsqu’ils sont écrits par des personnes qui font partie de nos vies. Parmi les auteurs que j’aime, rares sont ceux, comme Serge Mestre, avec lesquels les moments de partage et d’amitié sont aussi anciens, et solides. C’est autour de la peinture et de la littérature que nous nous réunissions à Castres, dans les années de nos vingt ans. Entre 1970 et 1980, il était bon de renverser le chaudron des vieilles valeurs, la figuration en peinture et la fiction dans le roman. Les performances formelles, les objectifs politiques, étaient les obsessions de nos éveils à l’art et à la littérature.

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Portrait de l’écrivain Caryl Ferey

Caryl Férey sera à la librairie le vendredi 6 mai à 18h pour vous parler de son nouveau roman: Condor paru aux éditions Gallimard

Caryl Férey né à Caen le premier juin 1967 s’est imposé comme une figure emblématique du polar français avec des romans coup de poing, enragés et engagés. Son bac en poche il erre de petits boulots en petits boulots puis fait le tour de l’Europe à moto et se lance enfin dans un tour du monde de sept mois. Ce voyage autour du globe a sans aucun doute nourrit les intrigues de ses futurs polars comme «Zulu» qui se déroule en Afrique du sud et «Mapuche» qui a pour cadre L’Argentine. Après ce tour du monde, il se met directement à écrire et entame vraiment sa carrière littéraire aux Éditions rennaises Balle d’argent, il sort en 1994 un roman intitulé «Avec un ange sur les yeux» et en 1995 toujours chez le même éditeur il sort «Péché mortel». Il poursuit ensuite chez l’éditeur Baleine avec son polar «Haka» en 1998. Aujourd’hui il a trouvé sa famille éditoriale avec la «Série noire» chez Gallimard.

Caryl-3 Lire la suite