KONG

Michel Le Bris
Kong
Grasset

Michel Le Bris est un romancier qui impressionne par son habileté et sa puissance d’évocation. On a l’impression que seul des personnages hors du commun pris dans des époques qui appellent le dépassement de soi sont à sa dimension.

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Climats de France

Marie Richeux
Climats de France
Éditions Sabine Wespieser

Climats de France est un livre empreint de lumière. Comme si Marie Richeux respectait ainsi l’injonction amicale de Malek, ce témoin, voisin et ami, personnage central de son roman. Cette recommandation, qui clôt le livre, est tout à la fois une prière, l’expression de la mémoire des choses inoubliables, de l’au-delà de l’exil, le goût de la beauté, et aussi une juste reconnaissance. N’oublie pas ce qu’il y a d’incomparable là-bas, mais comme partout en fait, c’est la clarté. Surtout, pense à la clarté, dit Malek.

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Sigma

Julia Deck / Sigma / Éditions de Minuit

Dans son premier roman, Viviane Elisabeth Fauville (Minuit, 2012), Julia Deck engageait son personnage dans une itinérance dans Paris après un crime indéterminé, singulier, un raptus, diraient les psychiatres. C’est à un autre raptus qu’elle va nous conduire, à la fin de ce troisième roman, au titre un peu « vintage », Sigma, un titre qu’un écrivain comme Claude Ollier n’aurait pas réfuté, et que les Éditions de Minuit viennent de publier. Mais n’anticipons pas. Il faut laisser le lecteur faire son chemin dans ce livre qui aime les faux-semblants, et où l’on trouverait les couleurs, les lumières contrastées et les décors des films d’Alain Resnais.

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Le petit garçon sur la plage

Pierre Demarty
Le Petit garçon sur la plage
Éditions Verdier

Comme un préalable, il y aurait l’impérieuse nécessité de rendre compte. Il y aurait aussi et probablement celle de dire son désarroi. Il y aurait le désir de laisser l’écriture faire ce lien tendu entre soi et le monde, entre l’histoire du monde et sa propre histoire. La littérature a toujours voulu être le lieu de cette tension difficile, de ces paris impossibles. Plus encore lorsque le monde, pris dans la spirale de violences chaque jour nouvelles, échappe au regard et à la raison. Lire la suite

FIFIGROT À OMBRES BLANCHES

À l’occasion de la sixième édition du FIFIGROT qui se tiendra à Toulouse entre le 15 et le 24 septembre 2017, la librairie OMBRES BLANCHES vous propose de rencontrer des invités du festival.

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Exposition Jules Stromboni

Exposition au café coté cour des planches dessinées du roman graphique «Mazzeru» de Jules Stromboni du 5 au 27 mai

Don ou malédiction, en Corse, le mazzeru est un membre de la communauté présenté comme le messager de la mort. Jules Stromboni brosse, à partir cette figure sociale et ancestrale, un conte tragique sur le passage d’un monde à un autre. Il excelle, dans un travail de gravure énergique et brut, à imprimer au récit toutes ses zones d’ombres, tous ses jaillissements de lumière.

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Exposition Patrick Meunier

Exposition au café des langues

«Patrick Meunier, des livres d’artiste, des livres avec des artistes»

20-04 . 20-05

Rendez-vous le samedi 29 avril à 11h pour un dialogue avec Quentin Jouret et Patrick Meunier et le mercredi 17 mai à 18h pour un pot de dévernissage

Si les expérimentations de la couleur et de la peinture de Patrick Meunier ont récemment trouvé écho dans des rencontres volumineuses, des « monstres » inclassables et fragiles, des poésies bancales ou fulgurantes et des combinaisons jubilatoires, l’espace du livre d’artiste tient une place particulière et originale dans son œuvre.

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LA BELLE AVENTURE

« Il est une légende qui touche de très près au sens profond de la vie : c’est la légende d’un moine qui traversait un bois, y entendit un oiseau se mettre à chanter, l’écoutât le temps d’un trille ou deux et se retrouva à son retour comme un étranger aux portes de son couvent, car il était parti depuis cinquante ans et de tous ses compagnons un seul restait qui pouvait le reconnaître. »

 

De cette histoire, Stevenson y voit un enseignement sur le sens de la vie. On pourrait tout aussi bien y voir une métaphore du pouvoir de la littérature ou de l’art en général. Elle nous fait percevoir l’infini des mondes, précisément parce qu’elle place l’imagination au pouvoir.

Le roman d’aventure est une des portes ouvrant la voie vers ces mondes inconnus.


L’usage du monde
Nicolas Bouvier, La Découverte, 2014

À l’été 1953, un jeune homme de 24 ans, fils de bonne famille calviniste, quitte Genève et son université, où il suit des cours de sanscrit et d’histoire médiévale puis de droit, à bord se sa Fiat Topolino. Nicolas Bouvier a déjà effectué de courts voyages ou des séjours plus long en Bourgogne, en Finlande, en Algérie, en Espagne, puis en Yougoslavie, via l’Italie et la Grèce. Cette fois, il vise plus loin : la Turquie, l’Iran, Kaboul puis la frontière avec l’Inde. Il est accompagné de son ami, Thierry Vernet, qui documentera l’expédition en dessins et croquis.
Ces six mois de voyage à travers l’Anatolie, l’Iran puis l’Afghanistan donneront naissance à l’un des grands chefs-d’œuvre de la littérature dite «de voyage», L’Usage du monde, republié ici.

Publié pour la première fois en 1963 à compte d’auteur, il édité par René Julliard en 1964, puis à la Découverte en 1985.

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LA FAMILLE

30486805-vieilles-lettres-et-photos-de-famille-anciennes-originaux-images-vintages-de-ca-1900Nabokov au début de Ada ou l’ardeur nous rappelle l’incipit du roman de Tolstoï Anna Karenine :

« Toutes les familles heureuses sont plus ou moins différentes, toutes les familles malheureuses se ressemblent plus ou moins. »

 

C’est donc avec la famille, les pères, les mères, les enfants, tout ce qui fait le terreau de ce que nous sommes en bien comme en mal que nous vous invitons à passer la fin de l’année.

Et puis la famille c’est aussi celle qu’on se choisit, celle qu’on décide d’avoir. En cela la grande communauté des écrivains peut en être une…


 
marin
Marin mon cœur
Eugène Savitzkaya, Minuit, 2010

Dans ce livre, tout se passe pour la première fois. Marin découvre le monde et le monde découvre Marin. Marin ou une partie de Marin peut se dissoudre dans l’eau et s’élever dans l’air. Marin est hypnotisé par un chat. Marin oblige la mer à s’aplatir. Marin mange du poisson et Marin mange de la terre. Le riz fait rire Marin. Marin ou une partie de Marin s’enfuit en carrousel. Qui est Marin et de quoi est-il fait ? À ces deux questions, il n’existe qu’une réponse. Mais l’auteur préfère donner sa langue au crapaud-buffle.

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L’HISTOIRE

14683031-l-histoire-doit-se-defaire-de-son-europeo-centrisme« Je n’ai pas de souvenirs d’enfance » : je posais cette affirmation avec assurance, avec presque une sorte de défi. L’on n’avait pas à m’interroger sur cette question. Elle n’était pas inscrite à mon programme. J’en étais dispensé : une autre histoire, la Grande, l’Histoire avec sa grande hache, avait déjà répondu à ma place : la guerre, les camps.»

C’est Georges Perec qui écrit cela dans W ou le souvenir d’enfance. Et il est vrai que l’Histoire celle avec sa grande hache occupe une place de choix dans la littérature mondiale.

Il y a celle qui s’inscrit dans le souvenir, la littérature a alors valeur de témoignage, mais il y a aussi toute une histoire littéraire qui s’escrime à retracer le parcours de l’homme à travers les âges, comme pour lui donner une valeur plus importante ou peut-être plus symbolique.

Bien entendu, la littérature est faite par l’homme et pour l’homme, mais il est des fois ou elle transcende son sujet propre qui la fait s’élever vers quelque chose de plus grand encore…


 
delboMesure de nos jours

Charlotte Delbo, Minuit, 1971

Et toi, comment as-tu fait ? pourrait être le titre de ce troisième volume de Auschwitz et après. Comment as-tu fait en revenant ? Comment ont-ils fait, les rescapés des camps, pour se remettre à vivre, pour reprendre la vie dans ses plis ? C’est la question qu’on se pose, qu’on n’ose pas leur poser. Avec beaucoup d’autres questions. Car si l’on peut comprendre comment tant de déportés sont morts là-bas, on ne comprend pas, ni comment quelques-uns ont survécu, ni surtout comment ces survivants on pu redevenir des vivants. Dans Mesure de nos jours, Charlotte Delbo essaie de répondre, pour elle-même et pour d’autres, hommes et femmes, à qui elle prête sa voix.

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