« L’Histoire à venir » à Toulouse

LES JOURNÉES DE L’HISTOIRE À OMBRES BLANCHES ET DANS TOUTE LA VILLE

du 18 au 21 mai à Toulouse

60 historiens 65 événements

L’histoire à venir est née à l’initiative de la librairie Ombres Blanches, du Théâtre Garonne, des équipes de recherche de l’Université Toulouse-Jean Jaurès et des éditions Anacharsis. Deux années de discussion, de réflexion et de travail collectifs ont abouti à l’organisation de cette première édition de L’histoire à venir, fondée sur l’idée partagée que la diffusion des savoirs est de la responsabilité de tous (chercheurs, libraires, bibliothécaires, éditeurs, associations et acteurs de la culture), pour s’adresser à tous.

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Continuer de Laurent Mauvignier

hodlerL’émission de Laure Adler avec Laurent Mauvignier du 29 Septembre dernier débuta avec une chanson de Neil Young. Cette ballade folk était très bien choisie pour introduire la conversation car il y a dans cette chanson comme dans les romans de Laurent Mauvignier de la tendresse et une proximité avec des personnages que l’on imaginent sur le départ où sur le retour et qui se battent contre les vacheries de la vie. Continuer est un roman qui explore des espaces, géographiques et intimes, et le lien qu’ils entretiennent avec les personnages me fait naturellement penser à la littérature américaine. Alors, avec la voix de Neil Young en prime, il m’est difficile de ne pas penser que Laurent Mauvignier est aussi, à sa façon, un écrivain américain.

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INVENTER DES MONDES

lipperhey-emblemata_1624Le méridien de Greenwich comme l’équateur sont on le sait des lignes imaginaires. L’homme les a conçues par commodité pour l’aider à la cartographie du monde, pour le rendre intelligible.

Peut-être en va t’il ainsi plus souvent qu’on ne le pense : l’homme a besoin d’habiter le monde physique aussi par des portions de territoires imaginaires.

La littérature trouve là une de ses raisons d’être. Une des tâches du romancier est de donner à lire une vision du monde. Mais le monde est multiple et complexe et l’écrivain peut avoir recours à l’imaginaire pour donner corps et réalité à ses visions.

 Bruno Schulz débute sa nouvelle Le traité des mannequins (in les boutiques de cannelle ) par ces phrases que l’on peut tenir pour un bel hommage aux forces vives de la littérature.

« le démiurge n’a pas le monopole de la création. La création est le privilège de tous les esprits. La matière possède une fécondité infinie, une force inépuisable et en même temps une puissance de séduction qui nous pousse à la modeler. Dans les profondeurs de la matière se dessinent des sourires imprécis, de conflits se nouent, des formes ébauchées se condensent. Elle ondoie tout entière des possibilités inachevées qui la traverse de frissons vagues. Dans l’attente d’un souffle vivifiant elle oscille sans fin et nous tente par des millions de courbes molles et douces nées de son délire ténébreux. »

 


laforgueMoralités légendaires
Jules Laforgue, Flammarion, 2000

Les récits de Laforgue ne relèvent d’aucun modèle connu.

Ils relatent avec la plus déconcertante désinvolture le mal d’aimer et le mal être, en entremêlant toutes sortes de références littéraires et culturelles. Ils se jouent des grands mythes et des œuvres célèbres en faisant alterner les jeux de la parodie, les bouffonneries sacrilèges, le récit poétique.

Ici, Hamlet pousse un dernier soupir en s’écriant : « Quel grand artiste meurt avec moi ! » là, Salomé débite des propos délirants à une assistance qui se demande à quelle heure on la couche.

A tout moment, le récit emprunte des voies buissonnières oú l’écriture s’invente dans l’exultation.

 

ÉCOUTER LA LECTURE DE NATHALIE VINOT

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Annihilation de Jeff Vandermeer

Annihilation_by_jeff_vandermeerMalgré les nombreuses expéditions précédentes la Zone X n’a pas révélé tous ses secrets, loin s’en faut. Beaucoup y sont allés, peu en sont revenus, et les quelques « chanceux » n’avaient plus toute leur tête. Cette fois elles sont quatre, elles ont été préparées (voire conditionnées) par l’agence gouvernementale en charge, et, n’ayant plus d’identité elles se distinguent juste par leur profession. C’est le carnet de bord de la biologiste (accompagnée de la psychologue, de l’anthropologiste et de la géomètre) que Jeff Vandermeer, tête de proue avec China Mieville du mouvement New Weird, nous fait découvrir dans ce premier tome de la trilogie du Rempart sud.

«Je vous dirais le nom des trois autres, s’ils avaient de l’importance, mais seule la géomètre durera encore un jour ou deux. De toute manière, on nous a toujours vivement déconseillé de nous servir de noms : nous étions censées nous concentrer sur notre mission et « abandonner tout ce qui était personnel ». Les noms appartenaient à l’endroit d’où nous venions, pas aux personnes que nous étions durant notre séjour dans la Zone X.»

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