L’appel du large

Quand le roman se fait une invitation à l’aventure, à la découverte de l’autre que soi, mais aussi à la confrontation devant les éléments.

La littérature depuis Homère et les vicissitudes d’Ulysse en Méditerranée dans l’Odyssée nous donne à lire toute une galerie de portraits de voyageurs et d’arpenteurs des mers. Nous retrouvons dans cette sélection quelques uns des romans incontournables : Lord Jim de Joseph Conrad dans la magnifique traduction d’Odette Lamolle, Les aventures d’Arthur Gordon Pym d’Edgar Poe, Le trafiquant d’épaves de Stevenson qui préfigure les pérégrinations de l’auteur dans les mers du sud, ou encore dOde maritime de Fernando Pessoa, ou enfin Moby Dick de Melville, cet immense chef d’œuvre, fondateur de la littérature nord-américaine que Gallimard vient de republier dans sa collection Quarto et qui reprend la traduction de Jean-Philippe Jaworski qui est dans La pléiade, ainsi que les sublimes gravures de Rockwell Kent.

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Paul Otchakovsky-Laurens – Hommage à un ami éditeur

Paul Otchakovsky-Laurens à la librairie Ombres Blanches en décembre 2017. © Mihai Mangiulea.

Du dernier et récent séjour de Paul Otchakovsky-Laurens à Toulouse, il restera le souvenir de la grâce de l’homme et celui de la générosité du professionnel. Je l’avais invité pour présenter au Cratère son long-métrage, Editeur, récit très personnel de sa vocation, film devenu depuis ce 2 janvier testamentaire, et rencontrer à cette occasion quelques-uns de ses lecteurs à Ombres blanches. Auparavant, Paul avait accepté d’intervenir auprès d’étudiants en édition-librairie de l’université Jean-Jaurès. Il le fit avec une générosité sans réserves. Il s’était agi, durant trois heures passées trop vite, de donner à lire la place de sa maison dans l’histoire récente de l’édition littéraire en France, et d’évoquer ensemble quelques grandes figures de cette histoire, qui lie auteurs et éditeurs. Dans les quatre moments publics passés lors de ces vingt-quatre heures, comme dans les moments privés que nous laissèrent nos auditeurs ou spectateurs, j’ai pu retrouver le regard attentif, le goût de l’échange, mêlant une curiosité inquiète et la persistance d’un certain optimisme.

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Verticales : de nouveaux horizons

Vous vous souvenez de 2001, L’odyssée de l’espace. Vous vous souvenez du Zarathoustra de Richard Strauss, surprenant, inaugural. Vous avez encore en mémoire les images de crinolines de métal et Le Beau Danube bleu, « la » valse de l’autre Strauss, réinventée par Stanley Kubrick, et qui lui est depuis cinquante ans indissociable. Vous n’avez pas oublié Lux Aeterna et le Requiem de Ligeti, qui sont venus surprendre vos oreilles et les attacher à des sons nouveaux. Vous aurez aimé cette nouvelle association entre des images et des sons.

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Le transhumanisme en littérature

 En 1957 un objet terrestre, fait de main d’homme, fut lancé dans l’univers. Pendant des semaines, il gravita autour de la Terre conformément aux lois qui règlent le cours des corps célestes […]. Certes le satellite artificiel n’était pas un astre, il n’allait pas tourner sur son orbite pendant ces durées astronomiques qui à nos yeux de mortels enfermés dans le temps terrestre paraissent éternelles. Cependant, il put demeurer quelque temps dans le ciel ; il eut sa place et son chemin au voisinage des corps célestes comme s’ils l’avaient admis, à l’essai, dans leur sublime compagnie.

Cet événement, que rien, pas même la fission de l’atome, ne saurait éclipser, eut été accueilli avec une joie sans mélange s’il ne s’était accompagné de circonstances militaires et politiques gênantes.Mais, cette chose curieuse, cette joie ne fut pas triomphale ; ni orgueil ni admiration pour la puissance de l’homme et sa formidable maîtrise n’emplirent le cœur des mortels qui soudain, en regardant les cieux, pouvaient y contempler un objet de leur fabrication. La réaction immédiate, telle qu’elle s’exprima sur-le-champ, ce fut le soulagement de voir accompli le premier « pas vers l’évasion des hommes hors de la prison terrestre ».

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Des cœurs lents

Creuse, Creuse, mais Creuse un peu

À l’encontre de noms, toujours les mêmes qui reviennent sur les listes des futurs prix littéraires de la rentrée 2017, pourquoi ne pas me suivre hors des sentiers battus dans une collection Infidèles chez Agone à la rencontre du livre de Tassadit Imache, Des Cœurs lents.

L’ambition de la Collection (« vêtir les vaincus d’étoffes victorieuses et donner à l’imagination l’injustice à ronger : une littérature qui contourne soigneusement utilitarisme partisan, tours d’ivoire dorées, traditions littérales et dogmes sacrés « .) convient à merveille à Tassadit Imache.

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Climats de France

Marie Richeux
Climats de France
Éditions Sabine Wespieser

Climats de France est un livre empreint de lumière. Comme si Marie Richeux respectait ainsi l’injonction amicale de Malek, ce témoin, voisin et ami, personnage central de son roman. Cette recommandation, qui clôt le livre, est tout à la fois une prière, l’expression de la mémoire des choses inoubliables, de l’au-delà de l’exil, le goût de la beauté, et aussi une juste reconnaissance. N’oublie pas ce qu’il y a d’incomparable là-bas, mais comme partout en fait, c’est la clarté. Surtout, pense à la clarté, dit Malek.

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La rentrée littéraire 2017

Un avant-goût de cette rentrée

Établir une sélection de romans pour la rentrée littéraire est une chose embarrassante. D’abord parce que, au moment où nous écrivons ce billet, nous sommes en août, et août ce n’est pas encore la rentrée. Ensuite parce qu’une sélection demande une méthode, des critères, des points objectifs, c’est-à-dire des choses qui grippent l’élan de la spontanéité. Lire la suite

Lectures d’été

Goûters littéraires à l’ombre du patio

Pour lire à l’ombre de votre été, des suggestions de lectures depuis le patio de la librairie, par vos libraires d’Ombres Blanches vous sont proposées les lundi 26, mercredi 28 juin, mercredi 5 et jeudi 6 juillet.

Une sélection singulière, voire intempestive, mais amicale, depuis votre librairie, et par vos libraires, pour agrémenter les jours avec (ou sans) soleil, du niveau de la mer jusqu’aux cimes les plus enviables.

Venez découvrir nos conseils autour d’un verre de limonade, dans le patio entre 18 h et 19 h 30 !

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Lettre à Armand Gatti

Lettre à Armand Gatti, au nom de la conscience.

Par Claude Faber

Tu es parti alors que certains s’entre-déchirent pour prendre le pouvoir. Dante Sauveur Gatti,  dit Armand, tu n’avais que faire des batailles électorales. Comme tu aimais à le répéter, « ce n’est pas la prise de pouvoir qui importe, c’est la prise de conscience. »

La prise de conscience de soi par les mots, par le langage. La prise de conscience de soi et des autres comme autant de particules virevoltant dans l’infini. La prise de conscience du monde par une vraie connaissance et reconnaissance des flux de son histoire. Par le rejet de tout ce qui avilit, de tout ce qui abaisse, de tout ce qui enferme l’homme dans les certitudes et les vérités étouffantes. Lire la suite