Hymne de Lydie Salvayre

Dans ce magnifique Hymne, l’auteur écrit à propos de la musique qu’elle est un « vertige éphémère ». Quand Lydie Salvayre entend  pour la première fois The star spangled banner par Jimi Hendrix, on est en 1972 et  elle a 20 ans. Dès qu’elle sent la fébrilité automnale l’envahir, elle le réécoute. En 2011 lorsqu’elle décide  d’écrire la vie, et la mort, du guitariste américain, elle publiera Hymne. Dès lors son vertige sera partagé et restera vivant. Lire la suite

Les villes de la plaine de Diane Meur

Imaginons un monde, une civilisation qui tiendrait autant de l’Egypte antique que des contes des mille et une nuits, une plaine peuplée par deux villes et bordée de montagnes, royaume des bergers. Sir et Hénab se font face comme deux présences inconciliables. De Hénab, on ne sait pratiquement rien, si ce n’est qu’elle est historiquement le lieu de refuge des réprouvés siriotes. Hénab, ville haïe parce qu’elle n’est pas Sir, à peine un très imparfait reflet : « Hénab n’est qu’une flaque qui s’étend, sans idée, sans contours, tu l’abomines comme l’image même de ce que tu n’es pas », disent les habitants de Sir. Lire la suite

Solène de François Dominique

Les ombres sont un thème majeur de la littérature. Pour s’en assurer, on pourra retrouver combien elles ont inspiré les écrivains dans la volumineuse bibliographie qui leur est consacrée dans le site de la librairie Ombres blanches.

Ici, dans ce roman lumineux, au titre volontairement aveuglant de Solène, les ombres ont le mauvais rôle, comme souvent. Tout est pourtant en place pour que les personnages vivent leur réclusion autrement que dans l’angoisse de la plupart des huis-clos romanesques. Lire la suite

J’apprends l’hébreu de Denis Lachaud

Pratiquement symétriques, c’est ainsi que nous sommes conçus. Et aussi dotés d’une gravité. D’où naturellement conduits à la recherche d’un centre. Observons nos bébés, en équilibre incertain, bras et jambes en apnée, pris dans les plis de la chair, avant que d’être ces animaux debout, avançant un pied devant l’autre. Alors les ailes se replient, les bras tombent à la verticale et leur balancement accompagne la marche. Et les yeux vont de droite à gauche, ou de gauche à droite, et c’est ainsi que le réel que nous appréhendons semble le mieux à notre portée. Mais sommes-nous bien égaux dans ce rapport à notre latéralité, qui est un rapport au milieu, et qui produit un rapport à l’espace. Marcher droit ne serait peut-être pas donné à tout le monde. Lire la suite

Les Onze – Pierre Michon

L’imposture ou le comble de l’Histoire

Au commencement était Les Onze, célèbre tableau du Louvre représentant les onze révolutionnaires du Comité de salut public pendant la Terreur, et son créateur, le peintre François-Elie Corentin, dit le « Tiepolo de la Terreur ».

D’emblée Pierre Michon met le tableau en valeur en exposant le peintre. L’image de l’artiste échappe, ange ou « vieil enragé oblique » plus tard, en 1760. Le peintre apparaît hypothétiquement sur quelques tableaux d’époque, portrait flou et faux, instable, qui interroge.

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