Les éditions de l’Olivier fêtent leurs trente ans !

La maison d’édition, créée par Olivier Cohen, fête ses 30 ans.

Tout commence à Paris au tout début des années 1990 avec un premier titre : Une saison ardente de Richard Ford. Deux ans plus, le succès de Trente ans et des poussières met L’Olivier sur le devant de la scène littéraire.

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Les musées en visites nocturnes

Impossible, pour le moment, d’arpenter les allées de vos musées préférés, mais rien ne vous empêche d’y entrer par le biais de la littérature.

8 auteurs, 8 destinations, 8 nuits blanches dans les musées, grâce à la collection des éditions Stock, « Ma nuit au musée ».

 

Leïla Slimani : « Le parfum des fleurs la nuit »

L’auteure a passé la nuit Venise, dans les collections d’art de la Fondation Pinault, et elle y parle de l’enfermement, du mouvement, du voyage, de l’intimité, de l’identité, de l’entre-deux, entre Orient et Occident…

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« Et avec lui, toute la beauté du monde »

Michel Le Bris était un homme de passion et un formidable passeur.
Romancier éditeur, directeur de collections, on lui doit entre autre d’avoir contribué à donner en France ses lettres de noblesse à des romanciers comme Stevenson, Mark Twain ou encore Jack London.

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FAUTEUIL N°12

Essais, chroniques, récits, fictions… Ombres Blanches a toujours eu à cœur de suivre le travail de création de Chantal Thomas.

Spécialiste du XVIIIe siècle, de Casanova et de Sade, elle est également l’auteure de récits plus personnels, comme La vie réelle des petites filles et East Village blues, et de romans, comme Les adieux à la reine, qui lui a valu le Prix Femina 2002 et a été adapté au cinéma par Benoît Jacquot, ou encore L’Échange des princesses, lui aussi adapté au cinéma (par Marc Dugain).

Chantal Thomas par Hermance Triay

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Sur le grand chemin…

Julien Gracq, Nœuds de vie, éditions Corti 2021.

 

Sur le grand chemin…

Le dernier volume paru du vivant de Gracq fut les Carnets du grand chemin (si l’on met à part Les entretiens). Venant faire suite aux deux volumes de Lettrines (volume 1, 1967 et  volume 2, 1974) et au recueil plus empreint de critique sur la littérature En lisant, en écrivant (1980), tous ces livres proviennent en réalité de la même source.

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HISTOIRES DE LA NUIT : DOSSIER

Jeudi 10 septembre 2020, la librairie Ombres Blanches recevait l’écrivain Laurent Mauvignier pour une rencontre autour de la parution de son nouvel ouvrage Histoires de la nuit aux éditions de Minuit.

 

Point de vue du libraire, biographie de l’auteur, sélection d’ouvrages et podcast : découvrez notre dossier Histoires de la nuit.

 

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La joie de lire a trente ans

En partenariat avec Occitanie Livre et Lecture et nos amis de Canopé, nous avions programmé pour le mois de mai une exposition célébrant les trente ans d’édition jeunesse de La joie de Lire, et diverses rencontres autour de cette exposition.

En attendant des jours plus propices, nous vous proposons de relire cet entretien publié par le journal Le Temps, en Suisse, qui donne la parole à Francine Bouchet, fondatrice et éditrice de cette belle maison que nous aimons. 
Un grand merci à Lisbeth Koutchoumoff de nous autoriser à reproduire ici son travail.

Les Oiseaux. Albertine / Germano Zullo

 

Les livres parlent tout seuls. Et c’est tant mieux parce que celles et ceux qui les conçoivent, les couvent, et en fin de compte les publient, ne sont pas de grands parleurs. Editrice est un métier de coulisses. Trente ans que Francine Bouchet le pratique avec une touche de gourmandise au coin de son sourire « rouge opéra » et cette fougue immédiatement tempérée par une écoute sensible, une quête de l’émotion juste. Trente ans qu’elle imprime beaucoup de son âme à La Joie de lire, sa maison d’édition spécialisée en littérature jeunesse, dans le quartier des Eaux-vives à Genève.

 

Les enfants, lecteurs de demain

L’habitude veut que les adultes accordent moins d’importance à la littérature pour enfants qu’à la littérature tout court. « Je m’étonne sans cesse devant cette attitude. Car enfin, les enfants sont les lecteurs de demain… » glisse Francine Bouchet. Est-ce aussi pour cela que les succès de La Joie de lire demeurent relativement peu connus, au-delà du cercle des connaisseurs ? La France a vite fait de reconnaître la maison genevoise comme une pépinière de livres qui sortent du lot. L’Espagne, l’Amérique latine, l’Allemagne ensuite. Et puis les Etats-Unis, marché pourtant difficile et, plus rétive encore, la Grande-Bretagne. Enfin, depuis trois ans, la Chine a déjà acheté 30 titres de la maison: «Pour des tirages modestes, entre 3000 et 6000 exemplaires», précise Carina Solari Diez, compagne de route depuis les débuts.

Un souvenir de voiture

Quand on lui demande quand les reconnaissances prestigieuses ont commencé à arriver (de la Foire du livre pour enfants de Bologne; du New York Times, de France, d’Amérique latine), Francine Bouchet se met à raconter un souvenir de voiture: « Un soir de janvier, une libraire d’Anger m’avait invitée pour parler de La Joie de lire dans une salle improbable de la campagne alentour. On était en semaine, il faisait moche et froid. Plus on s’enfonçait dans la nuit et plus je me demandais ce que je faisais là et surtout qui aurait envie de sortir pour m’écouter parler ? A l’arrivée, une cinquantaine de personnes nous attendaient, portées par le goût du beau livre. J’aime cette militance en France. Je carbure pour des moments comme ceux-là. »

Tout a commencé avec Corbu, comme Le Corbusier (Francine Bouchet, Michèle Cohen et Michel Raby), premier titre paru en 1987. Il y avait comme un manifeste dans cette page de couverture où seules les lunettes de l’architecte suisse pétaradent d’un jaune vif (le livre a été réédité cette année); dans ce portrait d’un talent qui ose ne pas faire comme les autres.

A parcourir les autres titres phares, une communauté d’esprit se fait jour autour d’une attention poétique au monde, d’une écoute de l’intériorité des êtres, petits et grands. « Pour choisir nos livres, on n’essaie pas de se souvenir de qui nous étions enfants, on l’a oublié pour une grande part. On ne tente pas non plus d’imaginer ce que les enfants pourraient attendre, on tomberait dans la séduction. On guette ce que nous, adultes, dans notre part d’innocence, notre soif de connaître, recherchons et dont nous pensons que les enfants pourraient se nourrir », avance l’éditrice.

La distinction des animaux

Albertine et Germano Zullo atteignent ce subtil alliage, de livre en livre. Mon tout petit et Les Oiseaux ont en commun de provoquer des émotions irrépressibles, chez les adultes qui ont conscience de la brièveté de la vie ; chez les enfants qui regardent le monde depuis un point où s’ouvre encore « l’ensemble des possibles ». Le chat Milton de la dessinatrice Haydé tient le journal minimaliste de ses journées avec une voix de joyeux sage; chez Adrienne Barman et sa Drôle d’encyclopédie, les animaux vous toisent de toute leur distinction comme un rappel de la diversité du monde. A chaque fois ou presque, un regard, une voix, souvent solitaire, comme un écho aux heures creuses de l’enfance, si riches d’imaginaire.

En juillet, Francine Bouchet nous avait parlé depuis la Drôme où elle aime lire l’été. Elle parlait de solitude justement, qu’elle chérit de plus en plus, « pour mieux sentir le monde vibrionner » ; de ses lectures d’adolescence qui la suivent jusqu’à aujourd’hui, comme les descriptions somptueuses de la nature d’un Giono ou d’un Flaubert. De sa quête intérieure pour une spiritualité vive.

Arrière-boutique sans fenêtre

Au lendemain de la Foire du livre de Francfort (LT du 13.10.2017), il y a quelques jours, la conversation a repris. Elle s’est souvenue de la révélation qu’elle a ressentie quand elle a découvert, à la fin des années 1970, l’univers du livre pour enfants dont elle ignorait tout: sa passion des mots et de l’image enfin réunis. A l’époque, elle travaillait pour ce qui était la librairie La Joie de lire, dans la Vieille-Ville de Genève. Francine Bouchet, la trentaine et trois enfants, fait alors le pas de côté: elle acquiert l’enseigne puis la transforme en maison d’édition.

Comme dans les contes, les premiers pas ont lieu dans une arrière-boutique sans fenêtre, puis dans une cave. Au début, à peine un titre par an. Aujourd’hui, entre 40 et 45. Et une équipe qui s’est étoffée à 7 personnes. Depuis le printemps, l’anniversaire bat son plein: d’abord à Paris au printemps, puis à la Bibliothèque de Genève et au Théâtre Am Stram Gram (où se poursuit une exposition). Et d’autres dates en France jusqu’à Noël. «Les enfants, me semble-t-il, ont une connaissance intuitive de la joie que procure toute l’étendue des possibles. Je reste ouverte à cette joie-là.»

Lisbeth Koutchoumoff

Retrouvez tous les livres de l’éditeur La joie de lire sur la librairie en ligne d’Ombres-blanches.

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Lettres Portugaises de Guilleragues

GUILLERAGUES
Lettres portugaises

Gravures de Sébastien Le Roy
Librairie Ombres Blanches

 

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Mariane, une religieuse portugaise, adresse à l’officier français qui l’a abandonnée cinq lettres passionnées et lyriques :

« Quoi ? Cette absence à laquelle ma douleur, tout ingénieuse qu’elle est, ne peut donner un nom assez funeste, me privera donc pour toujours de regarder ces yeux dans lesquels je voyais tant d’amour ? »

Mais à sa souffrance et sa plainte, rien ne répond jamais que l’obstiné silence de son amant.

Lorsqu’en 1669 le libraire Barbin publie ces Lettres portugaises traduites en français, il les donne pour authentiques, et le succès qu’elles rencontrent tient beaucoup à l’émouvante sincérité de cette voix dont Stendhal, par exemple, ne doutera pas non plus qu’elle fût celle d’une vraie religieuse.

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Veille critique, censure, interdiction, autocensure ?

La littérature pour la jeunesse en France est depuis un bon demi-siècle (et reste) un domaine inventif, créatif, joyeux, ouvert sur le monde qui nous entoure et le questionnant sans cesse. Du moins une grande partie des éditrices et éditeurs s’efforce-t-elle de proposer des livres de cette sorte, de nature à permettre aux enfants et à ceux qui les accompagnent de se nourrir de toute la création mise à leur disposition. L’illustration, le texte, la documentation, la poésie, le théâtre se présentent sous des formes sans cesse renouvelées et propres à susciter l’éveil. Parfois à susciter le débat ou la critique et c’est bien normal !

Mais pourquoi aujourd’hui, ai-je le sentiment désagréable et inquiet que les livres pour enfants sont à nouveau l’objet de regards suspicieux, moralisateurs, et de volonté indéniable de censure ?

Illustration d’Anne Guillard

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Un spectacle de Romeo Castellucci une nouvelle fois contesté

Les 10 et 11 avril dernier, au théâtre des Quinconces au Mans, le spectacle de Roméo Castellucci, Sur le concept du visage du fils de Dieu, depuis sa création en 2011, a dû être amputé d’une scène capitale. Pour la première fois depuis que ce spectacle a été créé en 2011, et après avoir été présenté dans de nombreux pays et dans de nombreuses villes de France, dont Toulouse, un Préfet de la République a décidé d’interdire l’emploi d’enfants dans ce spectacle, rendant de facto l’avant dernière séquence du spectacle injouable. Prise au nom de la protection des enfants (tous volontaires ainsi qu’évidemment leurs parents, et qui avaient été accompagnés dans cette démarche artistique, comme dans toutes les autres villes, par l’assistant de Roméo Castellucci), cette interdiction, tout à fait nouvelle pour ce spectacle, peut difficilement ne pas passer pour un geste de censure déguisée et une abdication devant les pressions des milieux extrémistes et intégristes.

Une interdiction qualifiée par la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) de « censure ». La ministre de la Culture, Françoise Nyssen, a également condamné cette interdiction sur twitter, le 4 avril  : « Je rappelle mon attachement profond à la liberté de création et souhaite saluer le travail de l’artiste ainsi que les programmateurs qui ont permis la diffusion de son œuvre et le travail de pédagogie théâtrale réalisé auprès des enfants et familles. »

La pièce sera reprise cet automne à la Colline à Paris.

Arnaud Rykner, professeur à l’université Sorbonne nouvelle et membre de l’institut universitaire de France, a transmis à la librairie Ombres blanches une lettre ouverte au préfet de la Sarthe, que nous avons décidé de reproduire ci-dessous dans son intégralité.

Romeo Castellucci au Teatro Comunale di Bologna

Romeo Castellucci au Teatro Comunale di Bologna –  licence CC BY-SA 3.0

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