Exposition Didier CROS

Du 8 septembre au 17 octobre

Exposition Didier CROS

Peintures. Dessins. Monotypes. Encres.

cros exposition ombres blanches toulouse

À l’Atelier – Espace d’exposition Ombres Blanches – 3 rue Mirepoix, Toulouse. Ouvert du mardi au samedi de 14 h à 19 h.

Et dans librairie Langues Étrangères, 3 rue Mirepoix (en dehors des rencontres et débats). Des œuvres de Didier Cros seront également installées dans la librairie principale, 50 rue Gambetta.

Vernissage mardi 8 septembre à 18 h

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Jean-Claude BIRABEN, Bifurcations et autres histoires

Bifurcations et autres histoires – Jean-Claude BIRABEN

EXPOSITION PROLONGÉE JUSQU’AU 31 JUILLET 2020

Retrouvez le chemin de notre galerie. L’art y est une consolation. Nous venons d’y installer pour six semaines une exposition consacrée aux « objets surréalistes » de Jean-Claude Biraben, qui offrent l’oxygène, dont nous avons tant besoin pour retrouver la respiration. Et le sourire, même sous le masque.

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De livres en films…

De livres en films…

De nombreux livres passent à l’écran. Je vous propose une note de lecture particulière pour que vous puissiez avoir un avant-goût du livre en regardant son adaptation ou bien pour que vous puissiez lire ou relire ce livre qui traîne dans votre bibliothèque avant de voir son adaptation en film…Ou bien si vous êtes chanceux et avez les deux chez vous : lisez et regardez (et hop, deux après-midis occupées au lieu d’une seule !) Voici l’un de mes coups de cœurs !

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Neuves lectures antiques

Un livre ne vient jamais seul. Il en convoque aussi d’autres et nos lectures souvent se répondent et correspondent, se reliant entre elles en une cohérence étrange. Ainsi, deux livres à la démarche tout à fait différente voire opposée se rejoignent : La philosophie antique de Pierre Vesperini et Le Phédon, Philosopher en présence de la mort de Benny Lévy, issu d’un de ses cours sur le dialogue de Platon.

Dans son ouvrage, Pierre Vesperini étudie en historien la manière dont les anciens comprenaient la pratique ou plutôt les différentes pratiques de la philosophie. Par là, il dresse des portraits des philosophes grecs et latins assez éloignés de ceux auxquels nos manuels nous ont habitués. La philosophie antique apparaît ainsi sous un nouveau jour. Elle n’est plus le prodrome au déploiement de la raison occidentale, ni la phase préparatoire de notre modernité. Elle devient plus étrange, plus large, plus riche, plus diverse. À bien des égards, la philosophie antique dans ses différentes réalisations et sous divers aspects est une fête : célébration religieuse, performance, banquet des savoirs, jeu, délassement. Pierre Vesperini nous permet de porter un regard déshabitué sur un héritage que nous pensions acquis et familier, nous invitant ainsi à envisager autrement notre pratique des savoirs et peut-être aussi, plus généralement, nous-mêmes.

Raphaël, détail de la peinture L’école d’Athènes, avec Platon à gauche et Aristote à droite.

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22 – Le livre de ma mère

Tenir sa mère âgée au bout du fil avec les petits projets du jour à raconter, beaucoup de répétitions, comme on déferait un pull tricoté pour prolonger la conversation et surtout ne pas la perdre dans l’humeur, chercher le sourire derrière une peine qui tout en pudeur ne se dira pas. Des livres où ils ont dit l’amour d’une mère jeune, âgée, vieillie, perdue, on pourrait en trouver d’autres, plein, des modèles de phrases ou de mots pour relayer nos silences parlants devant celles qui à beaucoup, j’espère, doivent manquer aujourd’hui. L’hommage à la mère n’est jamais aussi vital que dans la perte et la distance forcée qui renvoie l’adulte à sa posture d’enfant replié, en attente.

Albert Cohen, Le livre de ma mère, Gallimard, Folio.

21 – La chute du ciel

Que le ciel ne nous tombe pas sur la tête. Que la canopée le retienne. Qu’ils aient le temps de se préparer à repartir par petits groupes en forêts, pour se protéger, confinés dans l’Amazonie brésilienne, cette géante attaquée, leur refuge pourtant. Encore une fois, parce que ce n’est pas la première épidémie, le peuple des Yanomami réagit au mauvais sort d’une terre globalisée. Mais aujourd’hui, « nous sommes tous devenus amérindiens !» soutient Bruce Albert dans un court article du 19 avril 2020 (Le Monde), confinés, loin d’eux, nos proches ou notre communauté. Un sentiment de vulnérabilité collective jusque-là inconnu s’impose. Retranchés en nos forêts intérieures, nous sommes tous devenus amérindiens, et si peu préparés à tant d’exotisme.

Davi Kopenawa et Bruce Albert, La chute du ciel, Pocket, coll. Terre Humaine.

20 – Marguerite Yourcenar, L’oeuvre au noir

L’ailleurs, Marguerite Yourcenar nous le procure par le mélange des temps mais ses récits sont autre chose que des évasions ; ils nous rapprochent. De son érudition, elle use comme un déploiement méditatif et cela la mène à une écriture de visions. De sa nuit intérieure, elle voit agir des personnages élégants dans leur pouvoir, sortis du passé, fictif ou pas, mais dont les destins, à l’instar des héros grecs, interrogent le rapport de l’homme à l’universel. Et le corps, ici, a bien son rôle à jouer. Les maladies et les défaillances qui le font parler guident plus amplement la lecture de cet universel, car à travers le savoir médical et les observations audacieuses de Zénon, mais déjà chez les confidences d’un grand empereur en proie aux douleurs de la vieillesse, Hadrien, ce sont les hommes qui nous frappent plutôt que les maîtres. Le corps analysé, un peu plus transparent et lucide, devient le vecteur d’une vérité scientifique et philosophique qui s’accorde difficilement avec le politique.

Marguerite Yourcenar, L’œuvre au noir, Folio.

19 – Virgile, L’Éneide

Tour quotidien, laissez-passer en poche, nous retombons sur nos pas et au-dessus de nos têtes, cette affiche annonçant un spectacle de théâtre daté de fin mars, qui n’aura pas eu lieu donc. L’Énéide n’aura pas lieu, ou bien autrement : je venais d’approcher ce livre, joli hasard, la veille. Je retombe sur mes pas, donc. De ses aventures, de ses combats, de son errance et de son ancrage, Enée nous parle et cette rue montante à ce moment s’étale comme la mer que je touche en rêve si souvent, en nage libre, suivant de nouveaux courants, chauds et plus calmes. À se laisser porter ainsi, le voyage vers d’autres horizons apparaît si durable.

Virgile, L’Éneide, trad. Paul Veyne.

L’autre roman victorien

Thomas Hardy, les sœurs Brontë, William Thackeray, George Eliot ou encore Charles Dickens ne sont qu’une des facettes de la littérature britannique de l’époque victorienne. Celle du naturalisme qui suit l’époque romantique, celle d’un roman social et psychologique. Un roman de « cottage » dans des campagnes verdoyantes et de salons tout a fait « cosy », un roman dans lequel les drames se nouent et de dénouent à l’heure du « five o’clock tea ».
Mais à partir de la deuxième moitié du XIXe siècle et jusqu’au début du XXe, L’Angleterre va voir s’épanouir une autre manière de faire du roman. Des histoires portées par un souffle aventureux, les livres ouverts sur l’immensité du territoire britannique : le Commonwealth, mais aussi des livres qui se veulent le reflet de l’industrialisation du pays.

Portrait of Henry James, huile sur toile de John Singer Sargent (1913)

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Cap au pire

Dans les moments de doute, de lassitude, nous avons tous nos refuges. Sport, méditation, séries, cuisine, drogue… moi c’est la lecture de Beckett. Plus particulièrement ses textes tardifs, les plus épurés, les plus abstraits. Lors des trop-pleins de lecture, de travail, d’événements, je les lis à voix haute. C’est l’affaire d’une ou deux heures, au prix d’une concentration totale. Le seul moyen que j’ai trouvé pour les comprendre, les vivre, et revenir à l’os de ce qu’est la littérature, dans ce qu’elle a de minimal et de plus fort.
Ainsi Compagnie, dans lequel le narrateur se demande s’il est seul, accompagné, si même c’est bien lui qui est là, s’il y a vraiment quelqu’un. S’il est possible de dire quelque chose, en une litanie, une tentative toujours repoussée, toujours avortée.Une forme de doute absolu qui me touche davantage que celui de Descartes. C’est une expérience difficile, parfois pénible, mais pour moi au plus proche de ce qu’est la vie.

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