De la marge au centre…

Bell Hooks n’est pas aussi connue qu’elle devrait l’être, particulièrement en France. Figure emblématique de l’Afro-féminisme aux États-Unis, elle publie différentes théories féministes se basant sur l’intersectionnalité et la convergence des luttes.

Loin du féminisme blanc et petit bourgeois, Bell Hooks met en lumière les questions de racisme, d’orientation sexuelle et de classisme intrinsèquement liés à la domination masculine.

Son livre De la marge au centre est particulièrement intéressant car Bell Hooks tente de redéfinir ce qu’est la sororité*. Elle étaye ses propos en s’appuyant à la fois sur des extraits publiés par d’autres essayistes féministes ainsi que sur ses expériences personnelles.

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Moi aussi je voulais l’emporter

« À quel âge ai-je commencé à me sentir flouée d’être une fille? » C’est autour de cette interrogation initiale que s’articule Moi aussi je voulais l’emporter, essai autobiographique teinté de réflexions personnelles sur le genre et devenant, au fil des pages, un véritable récit d’apprentissage féministe.

couverture de moi aussi je voulais l'emporter de julie delporte

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Un été au théâtre Garonne…


Plusieurs structures culturelles de la ville de Toulouse accueillent cette année des productions artistiques dans le cadre des 70 ans de l’État d’Israël.

Après la Cinémathèque de Toulouse en mai dernier, et l’accueil du cinéaste Amos Gitaï, le Théâtre Garonne propose, à partir du 22 juin, une série de créations artistiques réunies sous le titre Tel Aviv Fever.

Les chorégraphes israéliens Roy Assaf, Yasmeen Godder et Hillel Kogan sont ainsi conviés à Toulouse pour la création de trois pièces avec les danseurs du Ballet du Capitole. Cet événement, coproduit par le Théâtre du Capitole, le théâtre Garonne et le festival Montpellier Danse, est organisée dans le cadre de la Saison France-Israël 2018.

Suite à un certain nombre de menaces (appels à manifestation, blocages, tags…) ces spectacles se tiendront malheureusement sous protection policière. Une situation expliquée dans cet article de Jean-Marc Le Scouarnec, publié hier dans la Dépêche et reproduit ici :

Des fleurs pour les chorégraphes israéliens au Garonne

La venue à Toulouse d’artistes israéliens est toujours un événement. Parce que leur niveau de qualité et d’exigence est impressionnant, qu’il s’agisse de musiciens (Avishai Cohen, Omer Klein, Asaf Avidan…), de cinéastes (Amos Gitaï, Eran Riklis, Elia Suleiman…) ou d’écrivains (Etgar Keret, Amos Oz, David Grossmann…). Et parce qu’ils sont aujourd’hui parmi les rares dans leur pays à prôner la tolérance, la mixité des cultures, la défense des libertés face à un gouvernement de plus en plus en proie aux diktats de l’extrême droite. Trois chorégraphes israéliens, Yasmeen Godder, Roy Assaf et Hillel Kogan, sont programmés à la fin de la semaine au théâtre Garonne avec le soutien de leur confrère du Ballet du Capitole Kader Belarbi, dont des danseurs participeront aux spectacles.

Une manif comme un contresens

C’est donc un événement qu’il convient de soutenir avec enthousiasme. Certains militants pro palestiniens ne l’ont pas compris, agitant la menace de venir manifester devant le théâtre Garonne. C’est évidemment un contresens, une manière de vouloir censurer ceux-là mêmes qui se battent au quotidien, dans leur pays, pour la liberté d’expression. Espérons que la raison reviendra d’ici là et que les spectacles magistraux attendus se dérouleront sans heurts dans un lieu qui a toujours été aux avant-postes de l’échange et de la découverte de toutes les cultures.

« Tel Aviv Fever », du 22 au 28 juin au théâtre Garonne (1, avenue du Château-d’Eau), Toulouse. Tarifs : de 25 € à 10 €. Tél.05 62 48 54 77.

 

Agenda
À noter également, la présence de cinéastes israéliens conviés pour un cycle de projections qui se tiendront à la Cinémathèque de Toulouse la seconde quinzaine du mois de novembre.

L’appel du large

Quand le roman se fait une invitation à l’aventure, à la découverte de l’autre que soi, mais aussi à la confrontation devant les éléments.

La littérature depuis Homère et les vicissitudes d’Ulysse en Méditerranée dans l’Odyssée nous donne à lire toute une galerie de portraits de voyageurs et d’arpenteurs des mers. Nous retrouvons dans cette sélection quelques uns des romans incontournables : Lord Jim de Joseph Conrad dans la magnifique traduction d’Odette Lamolle, Les aventures d’Arthur Gordon Pym d’Edgar Poe, Le trafiquant d’épaves de Stevenson qui préfigure les pérégrinations de l’auteur dans les mers du sud, ou encore dOde maritime de Fernando Pessoa, ou enfin Moby Dick de Melville, cet immense chef d’œuvre, fondateur de la littérature nord-américaine que Gallimard vient de republier dans sa collection Quarto et qui reprend la traduction de Jean-Philippe Jaworski qui est dans La pléiade, ainsi que les sublimes gravures de Rockwell Kent.

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Le Mahabharata, plus grand poème jamais composé par l’homme

C’est vraisemblablement le plus grand poème jamais composé (il compte environ 200 000 vers, l’édition critique de Pune comprend 13 000 pages réparties en 19 livres). La date de rédaction est incertaine, entre le IVe siècle avant notre ère et le IVe siècle après. Comme pour l’Iliade et l’Odyssée, l’existence de son auteur supposé, ici le légendaire Vyasa, le « compilateur », est sujette à controverse : n’a-t-il pas fallu des générations et des générations de rhapsodes et d’ingénieux poètes ou bien des réunions concertées d’astucieux brahmanes pour faire naître une telle épopée ? Mais comme Homère, la cohérence de l’architecture d’ensemble, l’empreinte très caractéristique d’une langue et d’un certain regard porté sur les choses, peuvent plaider en faveur d’un seul individu à l’origine de l’œuvre.

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Interruption. Interdiction. Censure.

Le débat programmé le 16 mai avec Daniel Welzer-Lang autour de son livre Les nouvelles hétérosexualités n’a pas pu se tenir. Une manifestation intempestive depuis la salle de rencontres en a empêché le déroulement. Ce texte fait suite à cette action, et interroge les conditions qui permettront à la librairie de maintenir la liberté d’expression, qui préside depuis quarante ans à ses rencontres.

Nous répondons à notre façon à ces questions depuis quarante ans au moins, avec plus ou moins de certitudes, plus ou moins de réussite. Même si trop souvent dans l’approximation, nous gardons l’ambition de faire se croiser des regards et des langues, de susciter la possibilité d’une évidente spontanéité. Il y a en effet, dans les rencontres que nous proposons, dans leur forme une certaine légèreté, dans leur enjeu une possible insouciance (qui ne signifie en rien une désinvolture). La non-officialité du cadre de nos soirées, leur absence de portée institutionnelle, leur cordialité, la présence de publics attentifs, permettent dans les cas les plus fréquents une sorte de plasticité, où l’imprévu reste à la hauteur d’un enjeu simple, la rencontre entre un ou deux êtres exprimant un travail, des convictions, des intuitions, et un ensemble plus ou moins hétérogène d’auditrices et auditeurs curieux de découvrir ou de confirmer une parole, un écrit, et d’entendre une ou plusieurs voix.

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Exposition Tight

Exposition au café Côté Cour
Du 5 Juin au 13 Juillet
«Images d’édition», gouaches originales par Tight
Vernissage Mercredi 6 Juin à 18h

travail de gouaches de l'artiste Tight

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Après avoir exercé en agence le métier d’infographiste spécialisé en représentation
architecturale, je mène depuis 2015 une activité d’illustration de commande sous le
pseudonyme de Tight. Pour cette facette de mon travail je laisse l’ordinateur de côté pour utiliser le crayon, le papier, et surtout la gouache.

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Exposition Sismikazot

Exposition Sismikazot

La vie va vite en vrai

Du 4  mai au 31 mai au café Côté Cour

Rencontre le jeudi 3 mai à 17h30, et vernissage à 19h.

 

«LA VIE VA VITE EN VRAI est un projet qui a vu le jour fin 2015. En résumé, cette aventure part d’une pratique propre au graffiti : le flop. Le flop est un graff composé de lettres arrondies, rapide à réaliser, généralement en 2 couleurs. Nos peintures sont réalisées dans des lieux abandonnés, que nous affectionnons particulièrement, couplées à une recherche graphique, photographique et colorimétrique.

Depuis nos débuts en 2007, le flop est une pratique que nous avons toujours travaillée, au même rythme que notre approche artistique en atelier et en fresques murales. C’est un tout que nous abordons avec la même sensibilité, les mêmes doutes et ce besoin constant de découverte de l’inconnu

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Pour Geneviève Brisac

Des livres, Geneviève Brisac en écrit, elle en a publié beaucoup, et elle en parle avec passion et connaissance ; son œuvre comme ses propos critiques explorent l’intime et les minuscules mouvements du monde .

J’ai rencontré Geneviève Brisac, voici pas mal d’années, dans le cadre de mon travail au rayon jeunesse de cette librairie : elle était alors l’éditrice des romans à l’École des loisirs (collections Mouche, Neuf et Médium). J’admirais la construction de son catalogue et aussi celui qu’elle avait créé précédemment pour la collection Page Blanche chez Gallimard jeunesse. J’attendais toujours avec impatience les nouveautés des auteurs qu’elle a découverts et fait connaître : Agnès Desarthe, Susie Morgenstern, Valérie Zenatti, Malika Ferdjoukh, Christophe Honoré, Olivier Adam… parmi tant d’autres (pardon pour tous ces noms que je ne peux citer in-extenso et qui nous ont régalés pendant plusieurs décennies …). Elle nous a également conduit à Aaron Appelfeld, comment pourrais-je ne pas le rappeler !

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