Pour rencontrer Sarraute, et relire son travail

Nathalie Sarraute (1900-1999) réfutait l’idée de biographie, qui risquerait d’imposer une grille de lecture de son œuvre. Elle craignait qu’on ne passe à côté de la vie intérieure qu’elle s’est attachée – c’est le sens même de son écriture – à mettre au jour. Elle ne souhaitait pas non plus que les éléments extérieurs de sa biographie (femme, juive, russe) ne la marginalisent d’une quelconque façon. Et puis, disait-elle, l’être humain est si complexe, si changeant, il n’y a pas d’image d’ensemble.
Autant dire que pour Ann Jefferson, écrire ce livre était un défi, voire une gageure…

Nathalie Sarraute, © Éditions de Minuit.

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Exposition Denis Roche : Photographies

EXPOSITION DENIS ROCHE : Photographies
L’Atelier d’Ombres Blanches, 3 rue Mirepoix
2 > 30 novembre (du mardi au samedi, 14 h – 19 h)
Exposition réalisée avec le concours de la Galerie Le Réverbère à Lyon

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Voix et signes. Couleurs et encres. Papiers

Voix et signes. Couleurs et encres. Papiers

Exposition des œuvres des artistes de PO&PSY, collection de découverte des poésies du monde hébergée par les éditions érès

À l’occasion des 10 ans de la collection

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L’expérience amoureuse dans la modernité

À propos du livre d’Eva Illouz, Pourquoi l’amour fait mal ?, Points, 2014.

Eva Illouz nous invite à penser l’évolution du sentiment amoureux dans la modernité. Pourquoi continuons nous de souffrir en amour alors que les obstacles dus à la classe ou à la famille ont aujourd’hui presque disparus ? Nous pourrions a priori désirer et s’engager avec qui nous voulons dans les conditions que nous voulons… Ce livre suggère que l’organisation sociale de la souffrance amoureuse a profondément changé et se propose de comprendre la nature de cette transformation à travers l’étude de trois changements intervenus dans la structure du moi : la dérégulation normative du mode d’évaluation des partenaires potentiels (hors des normes de groupes et des cadres communs), une tendance croissante à envisager le partenaire sexuel et amoureux simultanément en termes psychologiques et sexuels, et l’apparition de champs sexuels, le fait que la sexualité joue en tant que telle un rôle de plus en plus important dans la compétition entre acteurs sur le marché du mariage.

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Lettres Portugaises de Guilleragues

GUILLERAGUES
Lettres portugaises

Gravures de Sébastien Le Roy
Librairie Ombres Blanches

 

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Mariane, une religieuse portugaise, adresse à l’officier français qui l’a abandonnée cinq lettres passionnées et lyriques :

« Quoi ? Cette absence à laquelle ma douleur, tout ingénieuse qu’elle est, ne peut donner un nom assez funeste, me privera donc pour toujours de regarder ces yeux dans lesquels je voyais tant d’amour ? »

Mais à sa souffrance et sa plainte, rien ne répond jamais que l’obstiné silence de son amant.

Lorsqu’en 1669 le libraire Barbin publie ces Lettres portugaises traduites en français, il les donne pour authentiques, et le succès qu’elles rencontrent tient beaucoup à l’émouvante sincérité de cette voix dont Stendhal, par exemple, ne doutera pas non plus qu’elle fût celle d’une vraie religieuse.

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La naissance du conte

À propos du livre La Fabrique des Contes (Musée d’Ethnographie de Genève), La Joie De Lire 2019

«  Les contes ne sont jamais là où on les attend »

Ce catalogue accompagne l’exposition « La Fabrique des Contes » qui se tient au Musée Ethnographique de Genève du 17 mai 2019 au 5 janvier 2020.

C’est d’abord un très bel objet, avec de grandes et belles illustrations contemporaines de Lorenzo Mattotti, Carl Cneut, Camille Garoche et Kalonji, qui nous placent immédiatement dans l’univers du conte, mais légèrement décalés. Puis, on découvre les textes de huit contes classiques ré-écrits pour l’occasion par Fabrice Melquiot : saveur et justesse garanties !

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Jean-Louis Chrétien, gloire au maître

Les larmes perlent et le cœur est lourd de tristesse, car un maître et un ami est parti. Il ressemblait, en effet, beaucoup à Socrate. Comme lui son apparence qui pouvait paraître négligée cachait des trésors, pour Jean-Louis, des trésors d’intelligence, d’érudition et de science mais aussi de malice, d’attention à l’autre, de bonté, de générosité et de rigueur. Il fallait voir sous les épais verres de lunettes l’éclat et la noblesse de son regard. Il était en fait d’une extrême et d’une suprême tenue. Si sa voix semblait parfois chercher ses mots et paraître hésitante, ses paroles étaient en réalité d’une rare autorité et assuraient et rassuraient comme peu d’autres et, lorsqu’il chantait, son timbre était beau et puissant.

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