« Et avec lui, toute la beauté du monde »

Michel Le Bris était un homme de passion et un formidable passeur.
Romancier éditeur, directeur de collections, on lui doit entre autre d’avoir contribué à donner en France ses lettres de noblesse à des romanciers comme Stevenson, Mark Twain ou encore Jack London.

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Sur le grand chemin…

Julien Gracq, Nœuds de vie, éditions Corti 2021.

 

Sur le grand chemin…

Le dernier volume paru du vivant de Gracq fut les Carnets du grand chemin (si l’on met à part Les entretiens). Venant faire suite aux deux volumes de Lettrines (volume 1, 1967 et  volume 2, 1974) et au recueil plus empreint de critique sur la littérature En lisant, en écrivant (1980), tous ces livres proviennent en réalité de la même source.

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L’autre roman victorien

Thomas Hardy, les sœurs Brontë, William Thackeray, George Eliot ou encore Charles Dickens ne sont qu’une des facettes de la littérature britannique de l’époque victorienne. Celle du naturalisme qui suit l’époque romantique, celle d’un roman social et psychologique. Un roman de « cottage » dans des campagnes verdoyantes et de salons tout a fait « cosy », un roman dans lequel les drames se nouent et de dénouent à l’heure du « five o’clock tea ».
Mais à partir de la deuxième moitié du XIXe siècle et jusqu’au début du XXe, L’Angleterre va voir s’épanouir une autre manière de faire du roman. Des histoires portées par un souffle aventureux, les livres ouverts sur l’immensité du territoire britannique : le Commonwealth, mais aussi des livres qui se veulent le reflet de l’industrialisation du pays.

Portrait of Henry James, huile sur toile de John Singer Sargent (1913)

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L’annexe, Catherine Mavrikaki

D’évidence depuis le début ce ce temps long qui nous est offert par la « crise sanitaire », je me plais à alterner les lectures. Certaines relèvent de la « Tempête sous un crane » comme le disait Victor Hugo à propos de Monsieur Madeleine au moment il hésite à se dénoncer et dévoiler sa véritable identité de Jean Valjean alors même que le pauvre Champmathieu risque la potence. C’est-à-dire ces romans éminemment psychologiques qui déploient les mondes intérieurs des personnages, qui mettent en évidence les subtilités et complexités de l’être humain.

D’autres lectures sont plus comme des fenêtres ouvertes sur le monde : romans d’aventure, contemporains ou non, histoires du passé, romans d’action, de tribulations, ou qui m’ouvrent sur un exotisme, un univers qui m’est inconnu.

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Habiter les mondes francophones : Haïti

Alain Mabanckou il y a trois ans ouvrait au Collège de France la porte aux littératures noires dans le cadre de la chaire de « création artistique ». Un nouveau pas, décisif à mon sens, vient d’être fait puisque débute cette année un nouveau cursus de littérature intitulé « mondes francophones ».

La très bonne idée aura été de confier à la romancière haïtienne Yanick Lahens dont l’œuvre puissante et élégante est un des fleurons de la littérature haïtienne contemporaine la première année de cours.

La romancière haïtienne Yanick Lahens

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L’appel du large

Quand le roman se fait une invitation à l’aventure, à la découverte de l’autre que soi, mais aussi à la confrontation devant les éléments.

La littérature depuis Homère et les vicissitudes d’Ulysse en Méditerranée dans l’Odyssée nous donne à lire toute une galerie de portraits de voyageurs et d’arpenteurs des mers. Nous retrouvons dans cette sélection quelques uns des romans incontournables : Lord Jim de Joseph Conrad dans la magnifique traduction d’Odette Lamolle, Les aventures d’Arthur Gordon Pym d’Edgar Poe, Le trafiquant d’épaves de Stevenson qui préfigure les pérégrinations de l’auteur dans les mers du sud, ou encore dOde maritime de Fernando Pessoa, ou enfin Moby Dick de Melville, cet immense chef d’œuvre, fondateur de la littérature nord-américaine que Gallimard vient de republier dans sa collection Quarto et qui reprend la traduction de Jean-Philippe Jaworski qui est dans La pléiade, ainsi que les sublimes gravures de Rockwell Kent.

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Le transhumanisme en littérature

 En 1957 un objet terrestre, fait de main d’homme, fut lancé dans l’univers. Pendant des semaines, il gravita autour de la Terre conformément aux lois qui règlent le cours des corps célestes […]. Certes le satellite artificiel n’était pas un astre, il n’allait pas tourner sur son orbite pendant ces durées astronomiques qui à nos yeux de mortels enfermés dans le temps terrestre paraissent éternelles. Cependant, il put demeurer quelque temps dans le ciel ; il eut sa place et son chemin au voisinage des corps célestes comme s’ils l’avaient admis, à l’essai, dans leur sublime compagnie.

Cet événement, que rien, pas même la fission de l’atome, ne saurait éclipser, eut été accueilli avec une joie sans mélange s’il ne s’était accompagné de circonstances militaires et politiques gênantes.Mais, cette chose curieuse, cette joie ne fut pas triomphale ; ni orgueil ni admiration pour la puissance de l’homme et sa formidable maîtrise n’emplirent le cœur des mortels qui soudain, en regardant les cieux, pouvaient y contempler un objet de leur fabrication. La réaction immédiate, telle qu’elle s’exprima sur-le-champ, ce fut le soulagement de voir accompli le premier « pas vers l’évasion des hommes hors de la prison terrestre ».

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KONG

Michel Le Bris
Kong
Grasset

Michel Le Bris est un romancier qui impressionne par son habileté et sa puissance d’évocation. On a l’impression que seul des personnages hors du commun pris dans des époques qui appellent le dépassement de soi sont à sa dimension.

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La rentrée littéraire : « Charognards » – Stéphane Vanderhaeghe

Stephane Vanderhaeghe part de l’argument du film de Hitchock, Les oiseaux, pour construire une des fictions les plus stimulantes de la rentrée.

Comme dans le film, nous sommes dans une petite ville qui se voit subitement sujette à l’inquiétante présence d’une nuée d’oiseaux charognards apparemment hostiles. Le narrateur dont nous ne connaîtrons pas l’identité nous raconte au jour le jour comment se prépare et se déroule ce qui ressemble à une invasion. Continuer la lecture

La rentrée littéraire : « Les loups à leur porte » – Jérémy Fel

L’attention que l’on porte d’ordinaire aux premiers romans est toute particulière parce qu’elle est portée par l’espoir d’une promesse. Celle de la nouveauté de ton, de la découverte d’une nouvelle voix. La rentrée littéraire est un moment privilégié pour la découverte de ces voix là.

Il y a chez Jeremy Fel dans son roman Les loups à leur porte cette nouveauté qui se met à l’oeuvre. Ce qui frappe avant tout dans ce roman et qui fait – il me semble – sa réussite, c’est la précision de la mécanique  romanesque. Le livre est à bien des égards une machine formidablement huilée.  Ce ne serait pas incongru de parler de thriller. Continuer la lecture