Exposition – Hommage aux artistes de la Galerie L’Œil de Bœuf

La librairie Ombres Blanches et la Fondation Cérès Franco proposent une exposition d’hommage aux artistes de la Galerie L’Œil de Bœuf.

Du 7 juillet au 11 septembre, à la Galerie et en librairie de langues étrangères rue Mirepoix.

Mercredi 7 juillet, à partir de 18h – Vernissage de l’exposition en présence de Philippe Hardouin, Président de la Collection Cérès Franco, inspirateur autant que commissaire de cette exposition, et de Raphael Koenig, Directeur de La Coopérative à Montolieu.

Le vernissage sera précédé à 17 h d’une présentation par Raphael Koenig d’un ouvrage collectif qui vient de paraître, et dont il a assuré la direction : « L’art brut. Objet inclassable ? », paru aux Presses Universitaires de Bordeaux.

Cérès Franco n’a cessé tout au long de sa vie de collectionner des œuvres du monde entier d’artistes les plus divers, unis cependant par leur liberté créative, leur authenticité, leur goût pour la figuration et la couleur. Elle a tenu de son vivant à faire partager sa passion au plus grand nombre en donnant l’essentiel de sa collection à des institutions publiques, désormais conservée à Montolieu, dans le musée qui lui est consacré. Cette donation est intervenue en février 2020. Le choix s’imposait, au moment de la donation, de rendre compte intégralement de cette collection exceptionnelle par son ampleur et sa profusion, sa qualité et son foisonnement.

Le visiteur se verra donc proposer une profusion d’œuvres. Toutes les facettes représentatives de l’ensemble de la collection sont là : artisans anonymes de l’art populaire, naïfs, autodidactes de l’art brut ou singulier, outsiders, artistes de la Nouvelle Figuration, expressionnistes, surréalistes, et de nombreux inclassables selon les conventions les plus usuelles.

Sans aller jusqu’à évoquer un parcours initiatique, c’est dans le cheminement au long de ces échantillons parfois inédits que le promeneur réalisera combien, au- delà de son apparence échevelée, cette collection est cohérente dans ses convictions, ses partis-pris, ses amitiés.

Puisse-t-il alors à son tour sentir, palper, écouter et regarder les inventions de ces artistes semblables aux poètes voleurs de feu chers à Rimbaud.

 

 

Après ses études en histoire de l’art aux États-Unis, Cérès Franco, Brésilienne, s’installe à Paris en 1951 pour mener à bien une carrière de critique d’art, de commissaire d’expositions. En 1962, elle organise sa première exposition de peinture à Paris où elle demande aux artistes de travailler sur un format ovale ou rond. Cette exposition s’intitule L’Œil de Bœuf. Ce nom deviendra l’emblème des différentes manifestations qu’elle concevra par la suite.

Au cours des années 1960, elle réalise plusieurs expositions prestigieuses, notamment à Paris (au Bois de Boulogne, et au musée d’art moderne de la ville de Paris) et à Rio de Janeiro (musée d’art moderne de Rio). Elle y rassemble entre autres des œuvres de Pablo Picasso, Henri Laurens, Max Ernst, Arp, César.

En 1972, elle ouvre sa galerie à Paris, L’Œil de Bœuf, où elle soutient des artistes issus du mouvement de la Nouvelle Figuration ou du groupe Cobra.

Le choix des artistes présentés dans cette exposition a été guidé par leurs liens privilégiés avec Cérès Franco et sa galerie L’Œil de Bœuf. Marcel Pouget, Jacques Grinberg, Michel Macréau, Corneille et Stani Nitkowski comptent parmi ses invités les plus marquants. La rencontre en particulier avec l’œuvre du peintre Michel Macréau en 1960 sera déterminante, dont le style novateur déterminera ses choix ultérieurs. Il sera associé à la Nouvelle Figuration courant esthétique que Cérès Franco a défendu ardemment.

Tous, et chacun à leur manière, ont joué un rôle fondamental dans son parcours, elle qui les a défendus contre vents et marées et les a représentés tout au long de sa carrière de commissaire d’exposition puis de galeriste, toujours sous l’égide de L’Œil de Bœuf. Ils sont aujourd’hui rassemblés dans cette exposition qui reprend le nom de sa galerie L’Œil de Bœuf.

Ce choix a été également guidé par le rapport singulier que leurs œuvres entretiennent entre écriture et figure. Cette exposition souhaite questionner la relation entre le corps et le texte dans l’œuvre particulièrement de deux artistes pour qui la figure et l’écriture ont occupé une place centrale, Michel Macréau et Stani Nitkowski.

Les toiles et les dessins de Michel Macréau sont constellés de symboles, de mots, parfois de phrases. Ils font partie intégrante de la composition et tous racontent une histoire sous-jacente. Semblables à des graffitis et avec un tracé qui rappelle le contour des personnages représentés, ils mettent en parole leurs émotions et leurs sensations. Le message et le messager se confondent. Écriture et peinture, deviennent les facettes d’un seul et même langage.

Pour Stani Nitkowski, écrire, dessiner et peindre répondent à l’urgence d’exister, de s’exprimer et de dépasser son infirmité. Ces modes d’expression sont nécessaires à sa survie et se mélangent volontiers. Ils procèdent de la même impulsion. Texte et figure cohabitent dans ses dessins et dans sa correspondance. Avec une calligraphie inimitable, le texte fait écho aux images, les commente par un simple titre, une phrase ou un texte. Accompagnant les mouvements de son âme, les figures représentées, joyeuses, ravies ou souffrantes, sont séparées du texte par un filet, ou bien accompagnent le sillage de l’écriture. Sont exposées ici des lettres de Nitkowski à Cérès Franco ainsi que des carnets inédits de l’artiste et ses « nicogrammes » (œuvres mêlant le dessin et une écriture inventée et illisible).

Autour de ces deux artistes, l’accrochage met en lumière des œuvres d’autres artistes contemporains de la Nouvelle Figuration ou du groupe Cobra : Corneille, Pouget et Grinberg, qui dans les années soixante ont proposé une écriture différente de l’abstraction alors en vogue et que l’on commence à redécouvrir sur les cimaises nationales.

Philippe Hardouin, Président de l’Association pour la valorisation de la collection Cérès Franco

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