Amuleto

La lecture des belles « discussions » de Thomas et Suzanne m’a amené à relire, des années après, ce texte confiné.

Auxilio Lacouture, « mère des poètes mexicains », lorsqu’elle comprend que l’armée a violé l’autonomie de l’université de Mexico DF en septembre 1969, peu avant le massacre de Tlatelolco, s’y trouve. Dans les toilettes du quatrième étage, exactement. Elle décide de résister. Et reste dans les toilettes quatorze jours durant, occupant, seule, la dernière, depuis sa pièce taboue, le lieu de la pensée, de la culture, de la transmission. Et elle raconte, se raconte, nous raconte : la vie vagabonde, le passé, le futur, l’histoire des poètes d’avant-garde, la rencontre aussi avec le jeune Arturito Belano, son poète préféré, alter-ego de Roberto Bolaño, auteur de ce superbe roman.

Comme me le disait il y a peu mon très cher collègue Nicolas, « le propre de ces livres où le personnage est enfermé, c’est d’être au maximum ouvert sur le monde ».

Amuleto, Roberto Bolano, dans Œuvres complètes 1, Éditions de l’Olivier, 2020.

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