Pour Geneviève Brisac

Des livres, Geneviève Brisac en écrit, elle en a publié beaucoup, et elle en parle avec passion et connaissance ; son œuvre comme ses propos critiques explorent l’intime et les minuscules mouvements du monde .

J’ai rencontré Geneviève Brisac, voici pas mal d’années, dans le cadre de mon travail au rayon jeunesse de cette librairie : elle était alors l’éditrice des romans à l’École des loisirs (collections Mouche, Neuf et Médium). J’admirais la construction de son catalogue et aussi celui qu’elle avait créé précédemment pour la collection Page Blanche chez Gallimard jeunesse. J’attendais toujours avec impatience les nouveautés des auteurs qu’elle a découverts et fait connaître : Agnès Desarthe, Susie Morgenstern, Valérie Zenatti, Malika Ferdjoukh, Christophe Honoré, Olivier Adam… parmi tant d’autres (pardon pour tous ces noms que je ne peux citer in-extenso et qui nous ont régalés pendant plusieurs décennies …). Elle nous a également conduit à Aaron Appelfeld, comment pourrais-je ne pas le rappeler !

De par son choix de publications, il y avait un ton « École des loisirs » reconnaissable entre tous, et nombre de textes publiés alors ont bouleversé la manière d’écrire de jeunes auteurs qui se sont dit : «  Alors, on peut vraiment écrire comme ça pour les jeunes ? » et se sont lancés, poussés par cette vague de renouveau.

J’ai aussi connu Geneviève par les livres pour enfants qu’elle a écrit, et j’ai voué une vraie passion à ses personnages publiés à , tout particulièrement les Histoires d’Olga, une petite fille toujours prête à l’aventure, mais aussi à la révolte contre les injustices et le mensonge, et je suis tombée en amour pour Monelle qui porte le beau prénom d’un personnage inventé par l’écrivain Marcel Schwob qui disait : « Vis dans l’instant ! Seul l’instant est vérité ».

Ce que j’ai immédiatement apprécié dans nos échanges,c’est l’absence totale de conventions : nous parlions du même monde, du même niveau d’engagement, avec une estime réciproque sans qu’il soit besoin de l’énoncer .

Je sais bien sûr aussi sa biographie « officielle» : Ancienne élève de l’Ecole Normale Supérieure de Fontenay et agrégée de lettres, elle a été enseignante pendant six ans en Seine-Saint-Denis, avant d’être éditrice .

Comme nombre d’entre vous, je lis régulièrement ses chroniques dans le Monde et je l’écoute tout aussi régulièrement (quand je ne suis pas à la librairie !) sur France Culture .

J’aime sa liberté de ton, ses engagements, sa volonté de faire entendre des voix de femmes (beau travail sur Virginia Woolf, en solo ou avec Agnès Desarthe), sa manière d’appréhender la place de la littérature et de l’écrivain dans le monde. J’aime sa passion pour les écrivains et les artistes, pour les « petites gens » aussi. J’ai beaucoup apprécié l’an dernier Vie de ma voisine paru chez Grasset. J’aime ses combats, sa façon d’être, tout simplement.

Françoise Guiseppin

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