Verticales : de nouveaux horizons

Vous vous souvenez de 2001, L’odyssée de l’espace. Vous vous souvenez du Zarathoustra de Richard Strauss, surprenant, inaugural. Vous avez encore en mémoire les images de crinolines de métal et Le Beau Danube bleu, « la » valse de l’autre Strauss, réinventée par Stanley Kubrick, et qui lui est depuis cinquante ans indissociable. Vous n’avez pas oublié Lux Aeterna et le Requiem de Ligeti, qui sont venus surprendre vos oreilles et les attacher à des sons nouveaux. Vous aurez aimé cette nouvelle association entre des images et des sons.

Dans les maisons d’édition, si le regard est attentif à la lettre et au mot, l’esprit de la maison et de ses choix produit comme des sons. D’une maison l’autre, on entend les différences. Les sons y sont parfois des chants, trop souvent de simples refrains.

On peut y aimer surprendre ou au contraire les faire ressembler à des musiques connues. Pourquoi pas à une valse de Johann Strauss comme un public aime à  l’entendre au concert du 1er janvier à Vienne, désuète, désincarnée.

Et puis il y a des sons nouveaux, et ils viennent ouvrir des horizons insoupçonnés. Depuis ces lieux de vie où se fabriquent nos lectures, des écrivains interrogent le regard que nous portons sur la littérature. Nous les entendons, comme nous entendons la voix, celle de l’éditeur qui les y réunit.

Il y a vingt ans, Bernard Wallet ouvrait sa maison à l’enseigne de Verticales. Un projet aussi fou et aussi énigmatique que le monolithe vertical du 2001 de Kubrick. De cette entité abstraite, nous ne connaissions pas la destination, nous en savions les risques, concrets, nous les mesurions, et nous en aimions les traits, les lettres. Ce catalogue en gésine portait du désir. Et donnait du désir.

 

Dix ans après, en 2008, Bernard Wallet dut céder sa place à Yves Pagès, qui continua avec Jeanne Guyon ce travail de recherches où la littérature s’offre aux lecteurs par des voies nouvelles. Nous ne voulons pas penser que cela fait déjà dix ans, qui s’ajoutent aux dix premières années, et que Verticales nous sauve souvent, depuis vingt ans, de l’horizontalité qui est celle à laquelle les temps actuels nous condamnent trop souvent.

Retrouvez ici tous le catalogue en ligne des éditions Verticales.

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