Protons et vieux croutons

Deuxième titre de la nouvelle collection du Bélial, « Une heure-lumière », et quatrième et dernier dans mon ordre de lecture, Le Nexus du docteur Erdmann est aussi celui que j’ai préféré.
Henri Erdmann est un physicien à la retraite, ou presque, étant donné qu’il donne encore des cours à la fac du coin à des étudiants pas si prometteurs selon lui. Il a mauvais caractère, se déplace en déambulateur et il faut avouer qu’il n’apprécie pas grand monde à la maison de retraite. Pour l’aider au quotidien il y a Carrie, aide-soignante sympathique que l’on va suivre également, battue par son ex petit ami flic qui la harcèle.
Henri va rapidement connaitre des sortes de micro attaques cérébrales, accompagnées de visions, pour lesquelles il ne trouve pas d’explication. Mais le mystère va encore un peu plus s’épaissir lorsqu’il va se rendre compte qu’il n’est pas le seul résidant à la maison de retraite à les ressentir…

Le point fort de la novella réside dans ses nombreux personnages. En plus d’Henri et Carrie, vont se greffer au récit d’autres personnes âgées (représentant chacune plus ou moins un archétype du « vieux »), un neurologue ou même un duo de flics. Si le format ne permet pas non plus de développer en profondeur chacun d’eux, ils gagnent petit à petit en consistance et on se prend rapidement d’affection pour la plupart.
Côté science-fictif, de courts chapitres énigmatiques ayant pour sujet un vaisseau se dirigeant le plus rapidement possible vers une « nouvelle entité » sont enchâssés dans le récit et on en vient rapidement à faire le lien entre ce qu’il advient de nos personnes agées sur Terre et ce qui pousse le vaisseau à naviguer à tombeau ouvert dans l’espace temps. Le procédé est sympathique mais pas transcendant. Le dénouement se dessine donc petit à petit, sans trop de surprise, et c’est au final plus le côté humain du texte qui nous pousse à dévorer le livre.

Le nexus du Dr Erdmann

Le nexus du docteur Erdmann, de Nancy Kress

Le Bélial – 2016

Les débuts de la collection « Une heure-lumière » sont donc plus que prometteurs ! Les 4 novellas sont d’un niveau très homogène mais proposent des thèmes et intrigues complètement différents. ‘Dragon’ nous plonge dans un Bangkok sombre et pesant très thriller et peu SF, Le Choix’ fait dans la dystopie environnementale sensible et ‘Cookie Monster’ aborde la question de l’intelligence artificielle et reste le texte le plus « hard-SF » des quatre. Vivement la suite et les 2 textes annoncés : The Man Who Ended History de Ken Liu et The Man Who Bridged the Mist de Kij Johnson !

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