TERRE RARE : exposition de Jean-Luc Favéro

Exposition TERRE-RARE
Jean-Luc FAVERO
du 21 octobre au 28 novembre 2020
du mardi au samedi de 14 h à 19 h

dessins • encres • lavis •pastels • sculptures
Librairie Ombres Blanches, dans 3 lieux :
L’Atelier et la librairie Langues Étrangère  – 
3, rue mirepoix – et au Café Côté Cour (accès par le rayon Littérature).

« S’il y a dans les dessins d’arbres de Jean-Luc Favero cette énergie et cette miraculeuse justesse, c’est qu’ils lui sont nécessaires. Son exploration du monde des formes emprunte des chemins divers et la sculpture tient aussi une grande place dans son œuvre. Mais ces feuilles sont au cœur de son travail et de sa vie. Il y revient inlassablement, jour après jour depuis des années. Cette confrontation exigeante et sans cesse recommencée avec des formes attentivement observées n’est plus le fruit d’un choix : elle répond à une convocation intérieure.

Ceux qui connaissent l’homme savent que ces mots sont à comprendre très littéralement. Là où tant d’autres auraient été rebutés à la longue par les contraintes pourtant sévères du travail en plein air, il a puisé un surcroît d’ardeur vitale, lui qui a été pourtant généreusement gratifié dans ce domaine.

La jubilation éprouvée à donner une traduction graphique à ce qui se tient là, devant soi, sous un jour avec lequel on ne peut tricher, chacun la pressent et la partage en voyant ces dessins. Il se trouve que peu d’artistes sont autant que lui persuadés que la création est aussi un don fait aux autres et qu’elle a vocation à dispenser de la joie.

L’ordre qui canalise et stimule l’élan créateur, Jean- Luc Favero l’a trouvé en choisissant de recourir à des moyens rudimentaires, toujours les mêmes, dessinant au brou de noix sur les pages de vieux livres de compte. Ces supports permettent à ce travail impressionnant de maîtrise de ménager aussi une place à l’accidentel. Et, par ce biais, d’énigmatiques bribes de passé viennent s’intégrer à des œuvres nées d’une immersion totale dans le moment présent.

Il y a une poésie singulière dans le jaillissement nerveux de formes naturelles tracées avec le suc d’une plante sur la trame grêle des colonnes et des lignes et sur les calligraphies menues des comptables d’autrefois. Si l’on veut y voir une discrète allusion à la vanité des occupations humaines, elle est suggérée sans aucune lourdeur cependant, car l’artiste est avant tout un homme de sympathies.

Il faut beaucoup de temps pour en arriver là. On devine chez Jean-Luc Favero une aptitude merveilleuse à s’associer à la pulsion vitale qui dresse l’arbre, comme à la gravité qui fait ployer les branches ; il y a chez lui une disposition particulière à vibrer devant la lumière éclatante qui ruisselle à travers le feuillage et transfigure tout ce qu’elle baigne. Mais pour restituer la beauté de ce spectacle, le culte très personnel qu’il voue aux arbres n’aurait pu suffire.

Gratifié d’un don sans doute rarissime, encouragé par quelques rencontres heureuses, il a révélé tout cela au prix d’un immense travail, d’une discipline dont on devine la rigueur lorsque l’on le voit revenir d’une journée de travail en plein soleil avec le petit paquetage qu’il s’est fabriqué pour dessiner sur le motif, bien usé d’avoir beaucoup servi où le matériel si simple avec lequel il compose ces feuilles splendides a été choisi, adapté, calibré pour un usage bien précis. Les jeux de la lumière sont sa grande affaire. Mais ce qui sous-tend ce magistral langage graphique qui jamais ne cède aux séductions de la virtuosité gratuite, c’est aussi un lien d’une nature quasi chamanique avec la terre : une empathie sauvage pour les noces du végétal et du soleil, dans une communion pleine d’allégresse avec les forces élémentaires. »

Diederik Bakhuÿs (décembre 2016)

Texte reproduit avec l’autorisation de l’auteur et de la Galerie Prodromus à Paris

 

Deux rendez-vous autour de l’exposition pour un manifeste de l’arbre :

 

🌳 vendredi 30 octobre à 18 h – ATTENTION : RENCONTRE ANNULÉE
Rencontre avec Joëlle Zask autour de ses deux ouvrages, Zoocities. Des animaux sauvages dans la ville et Quand la forêt brûle. Penser la nouvelle catastrophe écologique (prix Pétrarque 2020), tous deux parus aux éditions Premier Parallèle.
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Quand la forêt brûle :
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🌳 jeudi 5 novembre à 18 h
Rencontre avec Gilbert Cochet et Béatrice Kremer-Cochet, auteurs de L’Europe réensauvagée. Vers un nouveau monde, ouvrage paru aux éditions Actes Sud dans la collection Mondes Sauvages.
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