22 – Le livre de ma mère

Tenir sa mère âgée au bout du fil avec les petits projets du jour à raconter, beaucoup de répétitions, comme on déferait un pull tricoté pour prolonger la conversation et surtout ne pas la perdre dans l’humeur, chercher le sourire derrière une peine qui tout en pudeur ne se dira pas. Des livres où ils ont dit l’amour d’une mère jeune, âgée, vieillie, perdue, on pourrait en trouver d’autres, plein, des modèles de phrases ou de mots pour relayer nos silences parlants devant celles qui à beaucoup, j’espère, doivent manquer aujourd’hui. L’hommage à la mère n’est jamais aussi vital que dans la perte et la distance forcée qui renvoie l’adulte à sa posture d’enfant replié, en attente.

Albert Cohen, Le livre de ma mère, Gallimard, Folio.

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