L’enfance de l’art. En Hommage à Elzbieta

« L’enfant et l’artiste habitent le même pays . C’est une contrée sans frontières. Un lieu de transformations et de métamorphoses »

C’est par ces mots que Elzbieta ouvre ce merveilleux livre L’enfance de l’Art (publié par les éditions du Rouergue), dont j’ai conseillé la lecture à tous les étudiants et étudiantes que j’ai pu croiser lors de mes formations. Ne nous y trompons pas : il ne s’agit aucunement d’une phrase mièvre, destinée à « faire joli » , mais bien au contraire d’un savoir profond, qui s’accompagnait chez elle d’un engagement total, d’une exigence de sincérité et de vérité dont elle pensait que c’était bien la moindre des attentions dues aux jeunes lecteurs. « Imagine-t-on J.S. Bach édulcorant ses compositions à l’usage de sa tribu d’enfants ? » écrit- elle plus loin…

Elzbieta

Extrait d’une interview d’Elzbieta pour l’exposition Passages, dans le cadre du Salon du livre et de la presse jeunesse 2014. Réalisation Karim Goury.

Car, au fil des quelque cinquante albums qu’elle a publiés, au gré des techniques picturales très variées qu’elle a su utiliser avec talent, elle n’a jamais transigé sur l’ambition de rester au plus près de la vérité qu’elle voulait offrir à son lectorat. Évoquant tour à tour la guerre (Flonflon et Musette), la mort (Petit Lapin Hoplà), la pauvreté (Petit gris), l’abandon (L’écuyère), elle tempère la gravité de ses sujets par la délicatesse du trait, et aussi celle du texte, auquel elle consacre beaucoup de soin ; par un certain humour aussi et un petit message d’espoir, toujours.

J’ai eu la chance de la rencontrer : nous l’avions invitée à Ombres Blanches alors que déjà des prix prestigieux lui avaient été attribués. Autant dire que j’étais impressionnée et que j’avais préparé avec beaucoup de trac l’entretien que nous proposions au public.
Et la voilà, simple, souriante, généreuse.
En un instant, un regard et un sourire, toutes mes craintes se sont envolées.
La rencontre, à laquelle participait aussi son éditrice, Daniele Dastugue, reste un de mes plus beaux souvenirs, tant l’échange débordait de vérité, de simplicité, et de légèreté, alors même que les sujets étaient fort sérieux… J’ai même l’impression que nous avons beaucoup ri.
Elle avait vraiment gardé le cœur de l’enfant qu’elle avait été, et elle n’imaginait pas mentir ni tricher avec cet enfant là.
Nous sommes, en lisant et relisant ses livres, les témoins privilégiés de cet engagement exceptionnel.

 

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