Rendre à Nithard ce qui lui appartient

Au IXe siècle, les petits fils de Charlemagne se disputent  son empire. En 842, deux d’entre eux, Charles le Chauve et Louis le Germanique signent un traité d’alliance contre leur frère aîné Lothaire Ier. Cet accord, plus connu sous le nom des « serments » de Strasbourg est prêté en deux langues, français (langue romane) et germanique (langue tudesque), et marque la naissance du français écrit.

Nithard est un laïc, petit fils de Charlemagne et compagnon de Charles le Chauve dont il est le cousin et qui le charge d’écrire une chronique de son temps (Histoire des fils de Louis le Pieux).

Bernard Cerquiglini, L’invention de Nithard

Les serments nous sont transmis par le biais de cette chronique par une transcription littérale  et  Nithard devient le promoteur de la langue française, le premier a attester par écrit de l’utilisation de la langue française (proto français) dans un document politique.

La preuve n’est plus à faire que sans la chronique de Nithard, ces serments seraient probablement perdus, et la valeur linguistique de ces documents n’est plus à faire non plus. Mais Bernard Cerquiglini voudrait rendre à Nithard  la valeur littéraire de sa chronique dans laquelle la citation littérale des serments était partie prenante de son énoncé. Ainsi non seulement Nithard fut le « pionnier du français mais aussi son promoteur littéraire ».

Un essai linguistique sous forme d’enquête. Bernard Cerquiglini nous emmène dans l’univers des carolingiens du IXe siècle qui voit la naissance de la langue française et peut-être, aussi, celle son premier écrivain ?

Squelette de Nithard retrouvé à l’abbaye de Saint Riquier. Crédits : Véronique Samouiloff

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