L’appel du large

Quand le roman se fait une invitation à l’aventure, à la découverte de l’autre que soi, mais aussi à la confrontation devant les éléments.

La littérature depuis Homère et les vicissitudes d’Ulysse en Méditerranée dans l’Odyssée nous donne à lire toute une galerie de portraits de voyageurs et d’arpenteurs des mers. Nous retrouvons dans cette sélection quelques uns des romans incontournables : Lord Jim de Joseph Conrad dans la magnifique traduction d’Odette Lamolle, Les aventures d’Arthur Gordon Pym d’Edgar Poe, Le trafiquant d’épaves de Stevenson qui préfigure les pérégrinations de l’auteur dans les mers du sud, ou encore dOde maritime de Fernando Pessoa, ou enfin Moby Dick de Melville, cet immense chef d’œuvre, fondateur de la littérature nord-américaine que Gallimard vient de republier dans sa collection Quarto et qui reprend la traduction de Jean-Philippe Jaworski qui est dans La pléiade, ainsi que les sublimes gravures de Rockwell Kent.

Un matin, nous partons, le cerveau plein de flammes,
Le cœur gros de rancunes et de désirs amers,
Et nous allons, suivant le rythme de la lame,
Berçant notre infini sur le fini des mers.

 

Ce choix de livres, en se plaçant sous le haut patronage de Baudelaire et du poème Le Voyage, voudrait s’ouvrir à des littératures plus contemporaines, voudrait baliser des territoires moins rebattus.

Le monsieur au bord de la Méditerranée. La pocheta

Ainsi nous vous proposons de partir voguer avec quelques écrivains latino-américains comme Alvaro Mutis et Les tribulations de Maqroll le Gabier ( Abdul Bashur, le rêveur de navires, La dernière escale du Tramp Steamer), Francisco Coloane, l’écrivain chilien qui nous emmène en Antarctique à bord d’un baleinier dans Le sillage de la baleine ; ou encore le double regard que peuvent porter sur le mythe Christophe Colomb des romanciers comme le baroque Alejo Carpentier dans La harpe et l’ombre et Augusto Roa Bastos dans Veille de l’amiral.

Rio. La pocheta

Dans les territoires moins connus, la découverte du poète Louis Brauquier, né à Marseille en 1900, agent des messageries Maritimes, il aura passé sa vie à sillonner le monde. Il a publié quelques uns de ses poèmes dans la NRF et consacra sa poésie au monde maritime, au mouvement des navires, à l’attente dans les ports et à la vie ailleurs. L’ensemble de son œuvre est regroupée sous le beau titre : Je connais des îles lointaines.

Madère. La pocheta

Enfin, dans les publications de ce semestre, notons la parution de deux premiers romans remarquables : Tristan de Clarence Boulay, qui nous transporte dans la minuscule communauté d’insulaires de l’île de Tristan Da Cunha, territoire perdu dans l’Atlantique-sud, et Francis Tabouret qui relate son étonnante expérience de convoyeur d’animaux de ferme sur des cargo trans-atlantique dans Traversée.

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