Sport et violence

La bande dessinée Guerre et Match (Dargaud) est tirée d’une histoire vraie, racontée par Frano Petrusa, un journaliste qui, à l’époque, était un jeune joueur de basket . Il nous raconte le match historique qui a vu la victoire de sa petite équipe régionale en finale d’un grand championnat junior en Croatie. Mais l’intérêt de cet ouvrage ne réside pas tant dans cet événement que dans la métaphore qui est filée tout au long du récit entre ce match et la guerre. Et il y a une effrayante similarité entre les directives données par l’entraineur au bord du terrain et les ordres criés aux soldats pendant le combat. On assiste donc à un récit alternant le match et des souvenirs de guerre qui reviennent à la mémoire de l’entraineur, ancien soldat… La comparaison va assez loin, puisque en plus du vocabulaire utilisé, elle met en lumière les réactions des soldats et des joueurs, mus eux aussi par une rage de vaincre similaire.

L’exemple donné dans ce livre est celui du basket mais l’analogie relevée  n’est pas sans rappeler les travaux de Norbert Elias et Eric Dunning. Dans Sport et civilisation, la violence maitrisée (Fayard), les deux sociologues montrent en effet que la compétition et le sport sont un simulacre de la guerre, le phénomène sportif étant alors  analysé comme produit d’un processus de civilisation.
Ces deux ouvrages proposent une réflexion originale autour du sport dont les valeurs véhiculées sont en théorie le fair-play et le bon esprit.

Co-écrit avec Sandra Bessière.

Sport et civilisation, la violence maîtrisée – Norbert Elias et Eric Dunning – Éditions Fayard – 26€   (ouvrage indisponible chez l’éditeur, mais vous le trouverez sans doute en bibliothèque)

Guerre et match – Frano Petrusa – Éditions Dargaud – 14€50


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