Paul Otchakovsky-Laurens – Hommage à un ami éditeur

Paul Otchakovsky-Laurens à la librairie Ombres Blanches en décembre 2017. © Mihai Mangiulea.

Du dernier et récent séjour de Paul Otchakovsky-Laurens à Toulouse, il restera le souvenir de la grâce de l’homme et celui de la générosité du professionnel. Je l’avais invité pour présenter au Cratère son long-métrage, Editeur, récit très personnel de sa vocation, film devenu depuis ce 2 janvier testamentaire, et rencontrer à cette occasion quelques-uns de ses lecteurs à Ombres blanches. Auparavant, Paul avait accepté d’intervenir auprès d’étudiants en édition-librairie de l’université Jean-Jaurès. Il le fit avec une générosité sans réserves. Il s’était agi, durant trois heures passées trop vite, de donner à lire la place de sa maison dans l’histoire récente de l’édition littéraire en France, et d’évoquer ensemble quelques grandes figures de cette histoire, qui lie auteurs et éditeurs. Dans les quatre moments publics passés lors de ces vingt-quatre heures, comme dans les moments privés que nous laissèrent nos auditeurs ou spectateurs, j’ai pu retrouver le regard attentif, le goût de l’échange, mêlant une curiosité inquiète et la persistance d’un certain optimisme.

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Verticales : de nouveaux horizons

Vous vous souvenez de 2001, L’odyssée de l’espace. Vous vous souvenez du Zarathoustra de Richard Strauss, surprenant, inaugural. Vous avez encore en mémoire les images de crinolines de métal et Le Beau Danube bleu, « la » valse de l’autre Strauss, réinventée par Stanley Kubrick, et qui lui est depuis cinquante ans indissociable. Vous n’avez pas oublié Lux Aeterna et le Requiem de Ligeti, qui sont venus surprendre vos oreilles et les attacher à des sons nouveaux. Vous aurez aimé cette nouvelle association entre des images et des sons.

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Libraires, restons fidèles à Gérard Bourgadier

Christian Thorel revient dans ce texte sur la disparition récente de Gérard Bourgadier, éditeur et fondateur des éditions L’arpenteur.

Nous avions, depuis sept ans, perdu la trace de Gérard Bourgadier. Depuis son départ des éditions Gallimard, l’homme s’était éloigné du monde, dans la discrétion, dans le retrait. La mort l’aura pris, dans les jours où la Toussaint nous rappelle les disparus.

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Climats de France

Marie Richeux
Climats de France
Éditions Sabine Wespieser

Climats de France est un livre empreint de lumière. Comme si Marie Richeux respectait ainsi l’injonction amicale de Malek, ce témoin, voisin et ami, personnage central de son roman. Cette recommandation, qui clôt le livre, est tout à la fois une prière, l’expression de la mémoire des choses inoubliables, de l’au-delà de l’exil, le goût de la beauté, et aussi une juste reconnaissance. N’oublie pas ce qu’il y a d’incomparable là-bas, mais comme partout en fait, c’est la clarté. Surtout, pense à la clarté, dit Malek.

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Sigma

Julia Deck / Sigma / Éditions de Minuit

Dans son premier roman, Viviane Elisabeth Fauville (Minuit, 2012), Julia Deck engageait son personnage dans une itinérance dans Paris après un crime indéterminé, singulier, un raptus, diraient les psychiatres. C’est à un autre raptus qu’elle va nous conduire, à la fin de ce troisième roman, au titre un peu « vintage », Sigma, un titre qu’un écrivain comme Claude Ollier n’aurait pas réfuté, et que les Éditions de Minuit viennent de publier. Mais n’anticipons pas. Il faut laisser le lecteur faire son chemin dans ce livre qui aime les faux-semblants, et où l’on trouverait les couleurs, les lumières contrastées et les décors des films d’Alain Resnais.

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Le petit garçon sur la plage

Pierre Demarty
Le Petit garçon sur la plage
Éditions Verdier

Comme un préalable, il y aurait l’impérieuse nécessité de rendre compte. Il y aurait aussi et probablement celle de dire son désarroi. Il y aurait le désir de laisser l’écriture faire ce lien tendu entre soi et le monde, entre l’histoire du monde et sa propre histoire. La littérature a toujours voulu être le lieu de cette tension difficile, de ces paris impossibles. Plus encore lorsque le monde, pris dans la spirale de violences chaque jour nouvelles, échappe au regard et à la raison. Lire la suite

Le Ciel devant soi

« Des Jacobins »

Un regard sur l’exposition Le Ciel devant soi par Christian Thorel

Où que l’on soit dans la ville rose et orangée, des Jacobins de Toulouse, on ne cesse de se casser le regard dans la volée de creux et de voûtes d’un clocher devenu un des symboles de la ville. Sous la montée au ciel de l’assemblage de briques, il y a la façade que l’on ne voit pas, bordant la cour du lycée, dans une semi-clandestinité. Contre le cloître, le réfectoire a cessé de rassembler les dominicains pour leurs repas silencieux. La méditation s’y pratique dans le cadre d’expositions, dont il faut dire que nous les aimerions plus nombreuses, tant elles offrent de très beaux moments et de découvertes.

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Des livres et des savoirs

Des livres et des savoirs

Le numérique a profondément modifié le rapport au savoir. La tyrannie de l’individu contemporain exige de ce nouvel espace son immédiateté, une adaptation évidente au registre (le plus) commun de vocabulaire, et la plus grande des élasticités. Depuis l’immensité du brouillard des « données » et des informations, chacun attend sa réponse, son renseignement. Mais qu’en est-il de l’enseignement ? Mais qu’en est-il de notre propre désir de savoir ?

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Hommage à Armand Gatti

Hommage à Armand Gatti (1924 – 2017)

par Christian Thorel

La main gauche soutenant une pile de livres d’art, composée de plusieurs volumes dans l’Univers des formes, l’homme fait un séjour de quelques minutes devant le rayon de littératures d’extrême-orient, la main-droite se saisissant des traductions du chinois. Depuis l’accueil dans l’entrée de la librairie, je l’observe de biais, il séjourne à une dizaine de mètres de moi, de l’autre côté, à l’entrée du minuscule couloir qui mène aux autres rayons de la librairie. Un pull à col roulé, noir, un pantalon de velours côtelé, noir aussi, semblent indiquer une certaine insouciance du vêtement, sans négligence toutefois.

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Denise au Ventoux / Verdier

Il y a dans les pages de Denise au Ventoux quelque chose comme les accents d’une schizophrénie. Cela procèderait de l’interrogation de l’animalité, qui est au cœur des pages de ce livre, mais plus encore de la part animale que l’auteur traque dans son narrateur, une part animale qui en serait la plus sensible, la plus attentive aux êtres et à la vie. De même qu’il existerait deux champs d’observation pour Paul, le narrateur, celui d’abord des humains et de leur cirque quotidien, celui ensuite qui obsède son regard, capturé par les signes d’intelligence de Denise, la chienne dont il hérite « provisoirement » et naturellement, de même le roman, qui fait le récit de cette liaison entre homme et chien(ne), est-il divisé en deux approches du genre romanesque.

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