Astrid Lindgren, Une féministe dans le siècle

Romancière, créatrice de Fifi brin d’acier ou d’Emil, Astrid Lindgren a profondément influencé de nombreuses générations de lecteurs, en Suède et partout dans le monde.
Alors que Gaia vient de faire paraître la première biographie disponible en langue française d’Astrid Lindgren, retour sur la vie (et l’œuvre) de cette grande féministe dans le siècle.

Astrid Lindgren

Astrid Lindgren, une féministe dans le siècle.

 

Enfin une biographie qui rend hommage à cette femme et écrivaine exceptionnelle, la créatrice de Fifi Brindacier !

Féministe dès les années 20, pacifiste en 1940, écolo militante dans les années 60, et toujours pionnière de l’éducation libre, Astrid Lindgren a souvent eu une longueur d’avance.

La petite fille sage – mais qui coupe tôt ses cheveux à la garçonne – élevée par une famille heureuse dans une ferme de Suède, se retrouve à 19 ans mère célibataire dans un pays et une époque ou ce n’était pas si simple. Elle part à Stockholm pour cacher sa grossesse et met son enfant au monde – en cachette toujours – au Danemark. Mais elle prend sa vie en main, avec détermination. Travailler et être autonome est pour elle une évidence.

Plus tard, mariée cette fois, elle invente pour sa fille malade une histoire de petite fille libre et indépendante : Fifi Brindacier (Pipi Langstrump en VO) est née, et deviendra rapidement un livre (en 1945), grâce au soutien d’une amie éditrice qui a tout compris, avant tout le monde. Si la plupart des adultes, éducateurs entre autres, font la moue, les lecteurs enfants, eux, comprennent immédiatement que ce livre est fait POUR eux, et le succès est immédiat (à Noël, cette année-là, dit sa biographe, tous les enfants voulaient leur exemplaire de Fifi ! ).

Il faut dire que, loin des conventions et des usages qui assignaient une place réduite à l’enfant dans la société de l’époque, Astrid Lindgren met en scène une fille libre, espiègle et impertinente, vivant avec son singe et son cheval, loin des adultes et de leurs préjugés bourgeois. Et puis, elle a une force sans limites qui séduira tous ses lecteurs.

Beaucoup d’autres livres suivront, dans cette veine d’émancipation et de respect de l’enfant. Petite note historique, qui donne à réfléchir : en France, il faudra attendre 1995, et la nouvelle traduction de Alain Gnoedig (celui-là même qui traduit cette biographie) pour que les lectrices et lecteurs français aient accès à un texte conforme à l’original ! Les traductions précédentes avaient considérablement amoindri l’aspect subversif de l’œuvre… Un demi-siècle pour rendre justice à un texte, dans notre pays ! Et nous sommes des générations à avoir eu cette version appauvrie dans les mains…

Raison de plus pour vous convier à relire avec délectation les « nouveaux » livres de Astrid Lindgren, pour vous-mêmes ou pour le bonheur des enfants qui vous entourent !
Jens Anderson nous donne, à travers sa biographie, un regard pertinent et profond sur la vie de l’auteur, mais aussi, grâce à l’analyse sérieuse et fouillée de très nombreux documents, sur la manière dont les livres se sont insérés dans cette existence très riche, et qui a traversé le vingtième siècle avec une grande exigence de liberté et de sincérité.
Rappelons ici l’existence du Prix Astrid Lindgren, souvent considéré comme l’équivalent du Prix Nobel pour la littérature pour la jeunesse, qui est l’un des plus prestigieux au monde.

Astrid Lindgren, une Fifi Brindacier dans le siècle, de Jens Anderson, paru aux éditions Gaia

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