MON ÉTÉ MORTEL DE JACK GANTOS Editions les grandes personnes

Prix du meilleur roman jeunesse américain attribué par l’American library Association en 2012, ce roman mêle habilement chronique sociale et histoire policière rocambolesque, sur un fonds historique extrêmement fouillé et avec un humour souvent décapant .

Norvelt est une petite ville américaine fondée pendant la Grande Dépression par Eleanor Roosevelt  (d’où son nom) dans un esprit d’égalité et de solidarité.

En 1962, Norvelt se meurt et son idéal aussi, sauf pour quelques uns, dont la mère de Jack,qui cultive du maïs sur son champ pour venir en aide aux nécessiteux . Le père de Jack préfère en faire une piste d’aviation et ordonne à son fils, onze ans, de tondre ledit maïs  … Colère de la maman qui punit Jack pour toute la durée des grandes vacances: il ne sortira pas de la maison sauf pour aider son père à creuser un abri antiaérien (c’est la guerre froide)!

Mais, solidarité oblige, le voilà  délesté de sa punition pour aider une  vieille voisine . Ancienne infirmière, elle s’occupe de rédiger les nécrologies pour le journal local. Elle a surtout le souci de transmettre l’histoire de la ville, et ses notices prennent un ton très personnel ; comme elle ne peut plus écrire à cause des douleurs dans ses mains, Jack écrit à sa place,et lui sert également de chauffeur , la vieille dame n’en est pas à une transgression près …

Or, durant l’été , les huit dernières habitantes originelles de la ville tombent comme des mouches, à tel point que ça paraît bizarre…

Cet été là s’annonçait mortel d’ennui à cause de la punition , il est véritablement mortel pour les huit femmes et sera surtout  « mortel », c’est à dire  « palpitant» . Car Jack, qui apparait au début du livre comme plutôt émotif (il saigne du nez à tout propos) va s’affirmer au fil des pages , pour  finalement permettre de résoudre cette étrange énigme , clouant le bec de sa meilleure amie très moqueuse .

Plein d’humour, Mon été mortel est le prétexte à mettre en scène des personnages singuliers et attachants et cette ville de Norvelt, projet utopique, qui est un personnage en soi.

chronique à paraitre dans le Page de septembre 2013