Bonjour à tous,
Les dernières lectures de notre club n’ont pas encore été annoncées sur notre blog !
Les bonnes résolutions sont au rendez-vous, voici donc celles qui ont été au cœur de nos discussions ces derniers mois.
En décembre, Aliénor nous a proposé la lecture du roman de Rosetta Loy, Un chocolat chez Hanselmann (Rivages poche), traduit de l’italien par Françoise Brun. Naviguer dans les méandres de cet univers familial singulier, se laisser entrainer dans ce récit dense sur fond de Seconde Guerre en Suisse. Les personnages de cette grande famille, où la grand-mère matriarche voit sa maison se remplir de ses enfants, petits-enfants, cousins, etc. et sans oublier la présence des disparus. Les personnages se croisent, s’entrechoquent, se perdent et se retrouvent, les entrelacs habiles de la langue de Rosetta Loy auront conquis certains lecteurs, tandis que d’autres se seront sentis quelque peu déconcertés, voire “noyés” dans cette lecture.
Nicolas, pour ce début d’année nous a proposé la lecture du livre Le Bal d’Irène Némirovsky, et celle de la nouvelle Wunderkind de Carson McCullers, du recueil intitulé, La balade du café triste.
Le Bal d’Irène Némirovsky a été l’occasion de s’attarder particulièrement sur la psychologie des personnages, de tenter de décortiquer celle de l’adolescente et celle de sa mère, et de comprendre leur affrontement permanent. Ce récit court et dense, où la majeure partie de la narration se concentre le temps d’une soirée, celle du Bal donné chez ces nouveaux riches. Renversement des positions, effondrement contre triomphe, le lecteur est entrainé dans cette cadence des mots où se mêle pitié et ridicule. Certains ont trouvé ce récit “trop” cruel, d’autres ont parlé de “juste vengeance”. Par ailleurs, certains n’ont pas été du tout convaincus par la description trop “caricaturale” de ces nouveaux riches.
Wunderkind a été, pour la majorité, la découverte de cette écrivaine singulière qu’est Carson McCullers ; là aussi il a beaucoup été question d’analyser la psychologie de cette enfant “WunderKind”, cette enfant virtuose, dont le talent exceptionnel qu’elle a en tant que pianiste la portera dès son adolescence sur un piédestal, dont la hauteur pourra lui donner le vertige. Entre la pression des adultes (son professeur) et la liberté de la jeunesse, entre l’exigence technique et le plaisir de jouer, Carson McCullers a su choisir la destinée de ce Wunderkind, destinée grandement inspirée de la vie réelle de l’auteure.
Pour les prochaines séances, Aliénor nous propose la lecture du livre de Juan Rulfo, Pedro Pàramo (Folio) et du livre de Julio Llamazares, La pluie jaune (Verdier poche).
Bien entendu, vos commentaires à propos de ces lectures (et d’autres) sont les bienvenus !
Merci.
Dejima est une île artificielle construite dans la baie de Nagasaki au Japon, l’île sert de port d’attache à la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. En 1799, quand débute le roman, la Hollande est le seul pays (avec la Chine mais dans une moindre mesure) autorisé à commercer avec le Japon. Ce Japon des shoguns, tout empli de mystères parce que totalement isolé du reste de la planète. Un monde secret qui, depuis les quais de Dejima se refuse même à un simple regard.
Jacob de Zoet est un jeune clerc ambitieux, venu pour faire fortune afin de consolider ses projets de mariage en Europe ; il n’est armé que de son seul courage et d’une rigueur morale semble t-il à toute épreuve. Intégrité qui ne fait certes pas bon ménage sur l’île avec ce culte de l’argent roi, cette religion du commerce qui s’impose partout avec ses relents de corruption généralisée . Jacob l’apprendra à ses dépends. Mais tout cela ne serait rien sans compter sa rencontre avec Orito une jeune sage-femme japonaise dont – événement quasi improbable – il tombe amoureux.
Les mille automnes de Jacob de Zoet est une grande fresque, magistrale en tous points. Mitchell y déploie tous les registres du roman, passant du roman d’aventures à l’histoire d’amour, du roman de formation à la grande fresque historique. Ce genre de roman gagne en intensité quand, derrière la peinture historique et par-delà les ressorts romanesques, se déploie une analyse et une vision ; tout un réseau de sens qui se met en place. Mitchell nous montre avec subtilité comment et de quoi sont faites les relations entre le Japon et les occidentaux. L’ambiguïté qu’il y a à vouloir commercer sans chercher à se connaître, les rapports de défiance qui sous-tendent les relations commerciales. Doivent t-ils être mis à la solde de l’esprit tortueux des japonais ou de l’incroyable arrogance occidentale. Il y a là un cas exemplaire de rapports dominant/dominé qui s’alterne sans cesse. Les japonais ne veulent pas laisser entrer le monde extérieur notamment par peur du christianisme, et les occidentaux ont pour la plupart une soif de connaissance du monde nippon mais à des fins de prise d’influence ou de pouvoir.
L’hypocrisie est une des composantes maîtresses des règles sur Déjima, il faut garder à l’esprit que les hollandais ne sont pas des colons, mais des marchands ; l’enjeu n’est pas une mission civilisatrice, mais pécuniaire et commerciale…mais quel enjeu !
Pourtant si Les mille automnes de Jacob de Zoet devient au fil des pages la peinture de cette modernité en devenir (nous sommes à l’aube du XIXe siècle) dont on voit aujourd’hui où elle nous a conduit, Mitchell joue subtilement à ne pas mettre les deux mondes en opposition, mais en regard, en accentuant ce qui pourrait les rapprocher. Ces deux inconciliables en apparence se révèlent être poreux, et des liens même s’ils sont ténus existent. C’est sans doute pourquoi dans le roman le lecteur change de focale avec autant d’aisance, en étant finalement des deux cotés de la mince ouverture du port de Déjima.
Les mille automnes de Jacob de Zoet est de ces romans auxquels on s’attache plus que de raison. Ce genre de livres qui nous accompagne bien au delà de la dernière phrase, dans lesquels on se sent chez soi et que l’on souffre d’achever de peur de se sentir abandonné. Sans doute est-ce dû à la force de l’intrigue que met en place David Mitchell ; plus elle s’épaissit et s’opacifie et plus elle prend la forme d’une partie de Go, ce jeu subtil qui voit gagner celui qui déploie la stratégie la plus retorse…Pour la plus grande joie du lecteur.
Les mille automnes de Jacob de Zoet – David Mitchell – Éditions de L’Olivier, 2012 – 24€
Gilles Lapouge à Ombres Blanches
Entretien avec Gilles Lapouge lors de sa venue à la librairie le 15 octobre 2011 pour nous parler de son Dictionnaire amoureux du Brésil (Plon, 2011).
Interviewé et filmé, caméra à la main, par Mihai Mangiulea.
Gilles Lapouge sera également présent à la librairie Ombres blanches le samedi 11 février à 17h pour nous présenter son dernier livre Le Flâneur de l’autre rive (André Versaille, 2011). Il sera en compagnie de Michel Le Bris qui présentera son livre Rêveur de confins (André Versaille, 2011) ; ces deux livres appartenant à la nouvelle collection “Fragments d’une vie”.
Emmanuel Carrère à Ombres blanches
Entretien avec Emmanuel Carrère, lors de sa venue à la librairie le 3 novembre 2011 à l’occasion de la présentation de Limonov (P.O.L.), Prix Renaudot 2011
Interviewé et filmé, caméra à la main, par Mihai Mangiulea.
Patrick Deville à Ombres blanches
Entretien avec Patrick Deville lors de sa venue à la librairie le 10 novembre 2011, autour de son livre, Kampuchéa (Seuil, 2011)
Interviewé et filmé, caméra à la main, par Mihai Mangiulea
Robert Littell à Ombres blanches.
Entretien avec Robert Littell lors de sa venue à la librairie le 16 novembre 2011 à l’occasion de la présentation de son livre Philby, portrait de l’espion en jeune homme (Baker Street, 2011).
Interviewé et filmé, caméra à la main, par Mihai Mangiulea.