Ô dingos, ô châteaux ! – Manchette et Tardi

Avec l’adaptation de Ô dingos, Ô châteaux ! (Futuropolis), Tardi revient une nouvelle fois avec un texte de Jean-Patrick Manchette. Et pas des moindres, puisque celui-ci a reçu le grand prix de littérature policière en 1973. A l’époque cependant, certains avaient avançé que ce roman avait reçu le prix à la place de Nada(paru un an avant, disponible en Folio policier), jugé trop politique pour être primé (les aventures d’un groupuscule d’extrême gauche qui enlève l’ambassadeur des États-Unis pour faire passer ses revendications). Continuer la lecture

L’un des plus beaux cadeaux

C’est un beau coffret, élégant et sobre , qui abrite la dernière merveille de François Place. Le Secret d’Orbae renferme un portfolio de 18 planches, foisonnant de miniatures comme autant d’invitations au voyage, et deux romans : celui de Cornelius, commerçant et voyageur venu du Nord, en quête d’une improbable montagne de brume , et celui de Ziyara, nommée Grand Amiral à Candâa et navigatrice sans pareille. Continuer la lecture

La hausse de la TVA menace le livre et la librairie

Communiqué du Syndicat de la Librairie Française sur la hausse de la TVA pour le livre  :
« Le gouvernement a annoncé un relèvement à 7% du taux réduit de TVA, y compris sur le livre. Le taux réduit de TVA applicable à ce bien devrait donc passer, à compter du 1er janvier 2012, de 5,5 % à 7 %.
Si la nécessité de redresser les finances publiques n’est pas discutable, ce n’est pas en fragilisant l’ensemble d’une filière, en risquant d’entraîner la fermeture de centaines de librairies et en détruisant de très nombreux emplois que cet objectif pourra être atteint. Continuer la lecture

Paris vaut bien les mets (de New York)

Serait-ce le match du siècle ? L’ équivalent du match de boxe Muhammad Ali / Joe Frazier avec KO final du combattant le plus médiatique ?

De quoi Paris peut-elle s’enorgueillir que New York n’aurait pas…le macaron ? Et en quoi la Big Apple peut-elle se targuer d’exceller… La bataille va t’elle être à couteaux tirés ?…

Que nenni… ce serait plutôt à un combat amical et graphique que nous convie Vahram Muratyan… Dans son livre Paris vs New York, il répond à toutes ces questions et même d’autres, et met en scène une bataille enfantine qui oppose Woody Allen à Godard ou The Velvet Underground à un croissant…pour finalement mettre à mal avec humour toutes nos différences qui au fond ne sont que formelles… Continuer la lecture

Dramuscule

Ma chère Lise de Vincent Almendros, Éditions de Minuit

Un jeune professeur tombe amoureux de son élève : voilà l’intrigue du premier roman que publient les Éditions de Minuit en cette rentrée. Intrigue pour le moins ténue, qui fait dire à une partie de la critique que ce roman s’inscrit dans la droite ligne du catalogue de la maison à l’étoile bleue : le minimalisme.

Camille Laurens, dans un article du Monde au sujet du dernier livre d’Hélène Lenoir (Pièce rapportée, publié aux mêmes Editions de Minuit), écrit : « …(ce texte) devrait rendre caduque l’opposition factice entre romancier de l’intime et romancier du monde (…) La sauvagerie des individus dans leur espace privé présente et déplie la violence des conflits extérieurs. » On pourrait reprendre cette citation au sujet du roman de Vincent Almendros. Pas de projet démonstratif ici, ni dans la forme, ni dans le fond. Et c’est justement tout l’intérêt de ce texte, qui nous rappelle que notre vie est faite de ces événements minuscules qui nous semblent insignifiants, mais n’en sont pas moins les composants de nos drames les plus ravageurs et de nos joies les plus intenses. Continuer la lecture

La sexualité en mode mineur

La répétition d’Eleanor Catton, éditions Denoël (traduit du néo-zélandais par Erika Abrams) et Clèves de Marie Darrieussecq, éditions POL.

Ces deux romans, parus en cette rentrée littéraire, abordent la question de la sexualité des adolescents, ou, plus précisément, des adolescentes. La naissance et la découverte du trouble, les questions (pratiques ou existentielles), le passage à l’acte, les rôles conscient et inconscient joués par les adultes dans cet apprentissage. Si les deux romancières traitent toutes ces dimensions, chacune le fait à sa manière (très factuel chez Darrieussecq, proche d’un journal intime ; plus troublant chez Catton, dans une narration oscillant sans cesse entre la réalité et le fantasme).

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