Imaginons un monde, une civilisation qui tiendrait autant de l’Egypte antique que des contes des mille et une nuits, une plaine peuplée par deux villes et bordée de montagnes, royaume des bergers. Sir et Hénab se font face comme deux présences inconciliables. De Hénab, on ne sait pratiquement rien, si ce n’est qu’elle est historiquement le lieu de refuge des réprouvés siriotes. Hénab, ville haïe parce qu’elle n’est pas Sir, à peine un très imparfait reflet : « Hénab n’est qu’une flaque qui s’étend, sans idée, sans contours, tu l’abomines comme l’image même de ce que tu n’es pas », disent les habitants de Sir. Lire la Suite…
Les ombres sont un thème majeur de la littérature. Pour s’en assurer, on pourra retrouver combien elles ont inspiré les écrivains dans la volumineuse bibliographie qui leur est consacrée dans le site de la librairie Ombres blanches.
Ici, dans ce roman lumineux, au titre volontairement aveuglant de Solène, les ombres ont le mauvais rôle, comme souvent. Tout est pourtant en place pour que les personnages vivent leur réclusion autrement que dans l’angoisse de la plupart des huis-clos romanesques. Lire la Suite…
Pratiquement symétriques, c’est ainsi que nous sommes conçus. Et aussi dotés d’une gravité. D’où naturellement conduits à la recherche d’un centre. Observons nos bébés, en équilibre incertain, bras et jambes en apnée, pris dans les plis de la chair, avant que d’être ces animaux debout, avançant un pied devant l’autre. Alors les ailes se replient, les bras tombent à la verticale et leur balancement accompagne la marche. Et les yeux vont de droite à gauche, ou de gauche à droite, et c’est ainsi que le réel que nous appréhendons semble le mieux à notre portée. Mais sommes-nous bien égaux dans ce rapport à notre latéralité, qui est un rapport au milieu, et qui produit un rapport à l’espace. Marcher droit ne serait peut-être pas donné à tout le monde. Lire la Suite…
Il y a peu j’ai commencé un cycle “auteurs russes” et alors que j’étais en pleine réflexion, ma vénérable (par l’expérience s’entend) collègue me parla en des termes élogieux de Ludmila Oulitskaïa et de son premier roman Sonietchka paru en 1996. Ledit roman présentait en effet des atouts intéressants. Son auteure est contemporaine, et hormis Marina Tsvetaïeva, Svetlana Alexievitch et Nina Berberova, la littérature russe traduite au format poche est plutôt avare en écrivaine… en personnage féminin oui, mais en auteure, point ou peu s’en faut. Je m’immergeais donc dans ce court récit d’après guerre centré sur cette femme au diminutif attachant, Sonietchka. Lire la Suite…