Immigrants

11 témoignages, 12 auteurs de bande dessinée et 6 historiens : voici les ingrédients d’Immigrants, la nouvelle BD à paraître en novembre chez Futuropolis, sous la direction de Christophe Dabitch.

Immigrants est une bande dessinée collective. Mais attention, ne vous attendez pas à un énième ouvrage collectif qui déçoit souvent par l’inégalité de ses récits. Non. Cet objet-là mérite le détour. D’abord par ce que c’est un vrai collectif : il s’agit déjà d’une coédition entre les éditions Futuropolis et Bd Boum, en partenariat avec « Les rendez-vous de l’Histoire de Blois ». Nous y retrouvons 12 illustrateurs (dont Davodeau, Flao Le Roux, Troubs, pour ne citer qu’eux) qui ont accepté de mettre en image 11 témoignages d’immigrés. Ou plutôt d’Immigrants, pour reprendre le titre de cet ouvrage, qui n’est pas, comme le terme « immigrés », « saturé d’usages et de signification »*. Les témoignages transformés en récits de bande dessinée alternent avec 6 textes d’historiens spécialisés sur la question. Ainsi sont traités des thèmes aussi variés que « les femmes migrantes » ou le rapport entre « le sport et l’immigration aux XIXe et XXe siècles ». Ces récits, sans avoir de lien particulier avec les témoignages, permettent un éclairage différent, d’étude et non plus de vécu.

Un collectif réussi est souvent lié à la personne qui l’a pensé et qui a fédéré les énergies. Il s’agit ici en l’occurrence de Christophe Dabitch, qui s’est chargé de la mise en récit des différents témoignages. Ancien journaliste, tant dans le milieu social que littéraire, il a été remarqué par les bédéphiles pour ses trois splendides ouvrages : Abdallahi, Jéronimus (avec Pendaux) et La ligne de fuite (avec Flao). Scénariste de renom donc, qui aime s’attaquer aux histoires vraies, à l’Histoire avec un grand « H ». Et cela se sent dans ces récits, où il semble y avoir une réelle interaction entre l’immigrant, le « scénariste » et l’illustrateur. Avec un ton, une couleur bien spécifique à chaque récit. Pour bien montrer que chaque histoire est unique. Et c’est bien ça la force de cet ouvrage : ne pas vouloir tout dire, tout montrer ; ne pas être « représentatif des différentes réalités vécues de l’immigration »*. Mais davantage donner des pistes de réflexion sur un sujet qui, « plutôt qu’un problème ou qu’une question » évoque « la normalité et la banalité »*.

* extraits de la préface de Dabitch

Immigrants – sous la direction de Christophe Dabitch – Éditions Futuropolis – 19€

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