Le monde du livre

Editeur et homme public

Après avoir  successivement accueilli Hubert Nyssen (Actes-Sud), Christian Bourgois, Paul Otchakovsky-Laurens (POL),  Jean-Marc Roberts (Stock) et Gérard Bobillier (Verdier), Teresa Cremisi (Flammarion) et Anne-Marie Métailié, Le Marathon des mots met Gallimard à l’honneur dans son édition du week-end qui vient. Centenaire (en 2011), la maison la plus représentative de l’édition de langue française, la plus enviée aussi sera l’invitée particulière de la librairie durant ces trois jours de lectures. Pour des débats sur son histoire qui croise tant celle de l’édition du XXème siècle.

A une heure où les médias précipitent sans cesse leur regard vers un horizon d’écrans, de claviers et de téléphones, y mettant en question le modèle économique et social qui soutient depuis plus de deux siècles les livres qui constituent nos bibliothèques, on pourra s’arrêter quelques heures durant sur les vertus  et même sur les vices d’une maison à laquelle nous devons de nous avoir ouvert tant de mondes.
Dans les conditions du débat que les technologies du numérique ont fait surgir, en occupant le terrain médiatique, la connaissance qui nous est donnée du travail de production d’un auteur est nécessaire, au-delà de tout engagement et évidemment de tout préalable. L’expérience d’un grand éditeur, Antoine Gallimard, héritier d’une tradition familiale et avant tout d’un “catalogue” vécu et entretenu comme une matière vivante, celle de responsables éditoriaux tels que Jean Mattern (littératures traduites) ou Eric Vigne (sciences humaines et philosophie) sont trop peu souvent publiquement partagées pour qu’elles ne suscitent pas l’intérêt ou la curiosité parmi celles et ceux, souvent plus jeunes, qui semblent ou désirent destiner leurs lectures à venir à d’autres supports que celui du papier que ces éditeurs ont jusqu’à présent servi. Editeurs qui ont à cet égard plus d’interrogations et aussi de réponses et moins de préjugés que ce qu’on leur prête trop souvent.

Je n’oublie pas que nous avons aussi la chance d’accueillir Robert Darnton, directeur du réseau des bibliothèques de Harvard, dont on connaît le rôle international dans les questions de conservation, de numérisation, de développement de la lecture et des modes de lecture. Ce samedi à 17h, le débat exceptionnel avec Robert Darnton, historien du XVIIIème de grand renom, devrait largement déborder le cadre strict des opérations de numérisation des fonds de bibliothèques (dont celles de Harvard) par Google, et des réticences du chercheur à l’égard de la suprématie de la boîte californienne dans le domaine de la diffusion des connaissances. C’est aussi au spécialiste des Lumières et des débuts de l’édition moderne que les questions seront adressées.

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